Modifié le 28 novembre 2019 à 12:21

Sophie Marceau rejoint le Geneva Camerata pour "Stabat Mater Furiosa"

Sophie Marceau: Invitée du 12H45.
Sophie Marceau fait son retour sur le devant de la scène au BFM, à Genève 12h45 / 11 min. / le 26 novembre 2019
Après Isabelle Adjani l'an dernier, l'actrice française Sophie Marceau sera sur scène ce jeudi soir à Genève avec le Geneva Camerata pour interpréter le poème de Jean-Pierre Siméon, "Stabat Mater Furiosa".

Après plus de quarante ans de carrière, la comédienne et chanteuse Sophie Marceau reste avide de nouvelles expériences. C'est pour cela qu'elle a accepté l'invitation du Geneva Camerata, qui lui a demandé de monter sur scène le temps d'une soirée intitulée "Une Nuit Etoilée" au BFM, à Genève. "J'ai eu le coup de foudre pour le texte que l'opéra de Genève m'a proposé", dit-elle à la RTS. Elle interprétera, au côté de la chanteuse Cyrille Aimée et sous la direction de David Greilsammer, l'opéra de la compositrice colombienne Violeta Cruz intitulé "Stabat Mater Furiosa: nouvelle pièce pour comédienne et orchestre", basé sur le poème de Jean-Pierre Siméon, "Stabat Mater Furiosa".

Un thème intemporel

Sophie Marceau est ravie de se prêter à l'exercice et ne tarit pas d'éloges sur ses collègues: "Aujourd'hui, je suis très contente d'être sur scène, de rencontrer des jeunes compositrices qui écrivent des opéras et de travailler avec des chefs d'orchestre et des musiciens magnifiques comme David Greilsammer. J'ai aussi eu la chance de travailler avec Jean-Pierre Siméon sur son texte, c'est extraordinaire."

Dans le contexte politique actuel, où conflits et inégalités sont plus nombreux que jamais, difficile de ne pas faire le lien avec "Stabat Mater Furiosa", poème poignant qui dénonce les horreurs de la guerre et de la violence. Sophie Marceau est d'accord: "Je cite Jean-Pierre Siméon: c'est un cri. Un cri contre l'histoire des civilisations. Evidemment, on a envie de pousser ce cri-là, même si je ne sais pas si ça sert à grand-chose vu l'actualité", confie Sophie Marceau. "On se rend compte que l'histoire se répète sans arrêt, mais c'est libérateur. J'ai aussi réalisé que mettre un peu de poésie dans la vie, ce n'est pas si mal."

Sophie Marceau.

Il fut un temps où un poète faisait un joli vers, et toute la cour d'Europe était en émoi. Que peut-on faire pour être en émoi aujourd'hui? De la musique, la poésie ou de l'art. Cela nous sauve pas mal.

Sophie Marceau

La musique et les mots dans un monde saturé d’images

L'actrice et chanteuse pense que les sons sont aussi importants que les images. "Même si j'ai une petite faiblesse pour l'image - c'est mon métier depuis quelques années déjà -, c'est vrai que l'attention porte davantage lorsqu'elles sont absentes et que les gens sont obligés de tendre l'oreille, d'écouter [...] Aujourd'hui, les images sont nombreuses et elles passent vite. Je trouve que c'est un peu galvaudé. C'est aussi pas mal retouché. C'est toujours très beau, mais qu'est-ce qu'on ferait sans musique, qu'est-ce qu'on ferait sans mots, sans écouter l'autre?"

Ce projet s'inscrit dans la continuité de "Jours de gloire", album à paraître où Sophie Marceau va réciter un discours de la République Française. "J'aime bien, c'est aussi une mémoire de l'histoire, des grands mouvements de l'humanité… C'est pas mal de faire une petite mise à jour", dit-elle. Pour réciter ces extraits des plus beaux textes relatifs à la République, la chanteuse et actrice sera aux côtés d'autres artistes comme Jane Birkin et Abd Al Malik.

Sophie Marceau et le mouvement MeToo

Plus discrète, l'actrice ne s'est pas exprimée tout de suite à propos du mouvement MeToo. "Je n'ai pas vraiment pris la parole avec tout ce qui s'est passé dernièrement. Je pense que certaines femmes avaient peut-être plus à dire que moi. Mais comme je suis quelqu'un de connu, c'est important de participer à ce genre de mouvements. Je soutiens MeToo de tout mon cœur."

Le "Stabat Mater Furiosa" s'inscrit parfaitement dans ce mouvement. Sophie Marceau ajoute: "Le poème commence simplement par cette femme qui dit "Je suis celle qui refuse de comprendre ce monde où l'on trouve cela normal de taper une femme, où l'on trouve cela normal de dire à sa femme de se taire quand l'homme parle." […] Pourquoi l'histoire se répète-t-elle, pourquoi l'histoire ne sert-elle pas de leçon? C'est à travers mes choix de films et dans des spectacles comme celui de jeudi que je fais prendre conscience aux gens des choses. Ce mouvement est historique."

Interview: Julie Evard

Texte et adaptation web: Myriam Semaani

"Une Nuit Etoilée", Bâtiment des Forces Motrices,  Genève, jeudi 28 novembre. Avec Sophie Marceau et Cyrille Aimée, sous la direction de David Greilsammer.

Publié le 28 novembre 2019 à 12:07 - Modifié le 28 novembre 2019 à 12:21