Modifié le 20 juin 2019 à 15:48

Gjon's Tears: "Je voulais me construire en tant qu'artisan de la musique"

L'invité du 5h-6h30 - Deuxième partie (vidéo) - Gjon Tears, alias Gjon Muharremaj, demi-finaliste the Voice France
L'invité du 5h-6h30 - Deuxième partie (vidéo) - Gjons Tears, demi-finaliste the Voice France L'invité du 5h-6h30 / 9 min. / le 19 juin 2019
De retour en Suisse après avoir échoué aux portes de la finale de The Voice, le télé crochet de TF1, le Fribourgeois Gjon’s Tear raconte son aventure parisienne. A seulement 20 ans, il est désormais un chanteur et artiste confirmé.

La folle aventure de Gjon Muharremaj, alias Gjon's Tears, demi-finaliste du télé crochet de TF 1 The Voice France, s’est achevée aux portes de la finale, lorsque les téléspectateurs français ont préféré Pierre Danaë et Whitney.

Inscrit par sa mère sans qu'il le sache, le candidat suisse a démarré sa folle aventure lors des auditions à l'aveugle avec un titre de Christine and the Queens, une performance qui a fait se retourner les quatre coachs. Dans l'ordre : Mika, Jenifer, Soprano et Julien Clerc.

>> A voir: L'audition à l'aveugle de Gjon's Tears

Le Brocois a beaucoup hésité, dit-il à la RTS, mais il a finalement choisi Mika comme coach, malgré une petite préférence pour Jennifer. Il confirme que le choix des coachs est totalement libre lors des auditions.  

Une carrière déjà importante

La musique, c'est quelque chose qui l'accompagne depuis longtemps. A l'âge de 7 ans il joue du piano et à 8 ans il commence à chanter au Conservatoire. Il enchaîne les concours en Albanie, pays d'origine de son grand-père, et en Suisse.

J'ai eu la chance d'avoir toujours eu un soutien familial qui a fait que si j'étais trop dans le rêve, j'avais des parents qui me rappelaient que je n'étais qu'un enfant. Je leur dis merci tous les jours.

Gjon's Tears

En 2017 il intègre la Gustave Académie à Fribourg, une association qui souhaite former et faire émerger de jeunes talents. "Elle m'a énormément apporté j'avais envie de me construire en tant qu'artisan de la musique, j'avais envie de me former par moi-même", dit-il a la RTS.

>> A écouter aussi: Première partie de l'interview de Gjon's Tears dans la Matinale

Gjon Muharremaj, demi-finaliste the Voice France.
- Gjon Muharremaj
La Matinale 5h - 6h30 - Publié le 19 juin 2019

RTS Info : Est-ce possible d’être original et de gagner ce concours ?

Gjon’s Tears: Je pense que oui, c'est possibler. Mais ne l'oublions pas, l'émission s'appelle The Voice, elle ne s'appelle pas The Artist. On va chercher des gens qui peuvent exécuter ce qui est demandé, c'est-à-dire une chanson qui ne nous appartient pas. C'est un exercice qui n'est pas forcément évident. On peut peut-être gagner ce concours, mais ce n’est pas le facteur artistique qui va faire la différence.

Je vais citer Léonard (ndlr : Léonard Ducry) concurrent fribourgeois qui était en demi-finale avec moi, et qui avait dit une phrase très intéressante: on a tous un "sac à dos" et certaines personnes ont cette capacité à le mettre plus en avant que d'autres. Je pense que la production de l’émission a, elle aussi, une idée du talent qu’elle veut mettre en avant. En ce qui me concerne je suis vraiment fier d'avoir participé à The Voice France, parce que c'est un énorme tremplin. En la faisant, je ne pensais pas qu’il fallait absolument que je la gagne car sinon il ne se passerait rien dans ma vie.

Vivre un instant de télévision quand on a 12 ans et le vivre à 20 ans, c’est complètement différent parce que la conscience des événements est différente. On ne vit pas tout ça avec les mêmes yeux. Je pense que ça a été beaucoup plus difficile de faire cette émission maintenant parce que, justement, je n’ai peut-être plus cette naïveté que j’avais quand j’étais enfant.

Gjon's Tears

Léonard, l'autre demi-finaliste, fribourgois lui aussi, a toujours défendu pendant le concours The Voice une cohérence avec ses valeurs. Il a même refusé un certain titre que lui était proposé par Julien Clerc. Etiez-vous dans cette même démarche de cohérence?

Gjon’s : Je suis vraiment admiratif de Léonard, parce que pour moi c'est le plus grand musicien de la saison. Ce qui m'impressionne le plus chez lui, c'est sa musicalité et ses capacités, parce que, clairement, c'est un incroyable pianiste de jazz. Ce qui m'a impressionné c'est aussi son audace à aller de l'avant et de dire: peu importe l'émission, je reste moi-même! Lui et moi avons eu des visions assez différentes. Moi je suis allé dans cette émission pour risquer. Ce qui m'intéressait c'était de faire ce que je ne faisais pas d’habitude. Je venais en tant qu’artiste et non pas en tant que chanteur.

>> A voir: pour son épreuve en direct, Gjon's Tears a choisi un titre de Daniel Balavoine - SOS D'un Terrien En Détresse.

Votre facette d'auteur-compositeur n’a pas été vue par les téléspectateurs français...

C’est vrai. C’est aussi pour cette raison que je n’ai pas voulu jouer la tristesse dans les interviews en racontant des histoires personnelles. J'avais vraiment envie d'être un petit rayon de soleil, d'arriver avec mon sourire. Montrer ce que je peux faire vocalement et non pas devoir me justifier avec mon histoire. Mon vécu, je l’utilise dans des chansons comme "Baby", sans mettre mon "sac à dos" en avant.

Tout le monde se pose la question s’il est véritablement possible pour un Suisse de gagner The Voice France.

Je pense que c’est compliqué, car on est confronté à un public qui est plutôt patriote. Mais je n’étais pas là pour gagner l’émission. J’étais là pour utiliser cette émission pour me faire un tremplin. Ce n’est pas décidé à l’avance, mais on sent clairement qu’il y a certains favoris que l’on met en avant.

Propos recueillis par Coraline Pauchard/Adaptation web: Miruna Coca-Cozma

Publié le 20 juin 2019 à 12:44 - Modifié le 20 juin 2019 à 15:48