Modifié le 31 décembre 2018 à 17:24

Les Purple Nights emmènent le classique dans les clubs

Purple nights Espace 2.
"Purple Night" au D! Club à Lausanne Magnétique / 1h23 / le 24 décembre 2018
Et si l'on sortait la musique classique de son biotope habituel, loin des dorures des salles de concert et du rituel empesé du concert classique? C'est ce que propose la SSR depuis 2017 avec ses soirées Purple Nights.

Le concept des Purple Nights a été initié par SRF2, chaîne de radio culturelle suisse-alémanique. Ces soirées spéciales ont ainsi investi le Widder Garage de Zurich, le Living Room de Lugano ou le D! Club à Lausanne avec des artistes tels que le violoncelliste Christoph Croisé, le guitariste Admir Doçi ou la soprano Lisa Tatin.

Deux événements en Suisse romande

En Suisse romande, Espace 2 a organisé deux Purple Nights en 2018. La première, coproduite avec le concours de violon Menuhin présentait le 18 avril 2018 deux projets qui mêlent le violon, instrument classique s'il en est, à la pop et à la musique électronique.

On a ainsi entendu Egopusher, duo formé du violoniste Tobias Presig et du batteur Alessandro Giannelli. Leur électro dansante et lyrique a fait trembler les murs de la Gravière, club genevois où se déroulait la soirée. Et, avant eux, les spectateurs ont écouté le multi-instrumentiste canadien Peter Broderick, en solo. "Le violon est mon premier instrument et le seul que j'ai étudié formellement, dès l'âge de sept ans", a-t-il déclaré à la RTS. Après un détour adolescent par la guitare électrique, il y est revenu et puise encore aujourd'hui à sa formation classique dans son folk expérimental.

>> Ecouter "Purple Night" à la Gravière, à Genève:

Affiche du "Purple Night" à La Gravière à Genève.
Label Suisse Festival - RTS
Magnétique - Publié le 28 décembre 2018

La deuxième Purple Night romande a, elle, eu lieu durant le festival Label suisse le 15 septembre 2018. Elle a permis d'amener un archiluth – imaginez un luth avec un manche doublé qui atteint près de deux mètres de long – et un violoncelle baroque sur la scène d'une discothèque, le D! Club à Lausanne.

Tous deux accompagnaient la soprano coloratur Lisa Tatin dans un set qui a amené le baroque vers la pop, réarrangeant des airs de Tarquinio Merula ou Girolamo Frescobaldi, et conduit la pop vers le baroque en reprenant, toutes cordes en boyaux devant, "No roots" d'Alice Merton, un tube de 2016. La chanteuse a apprécié ce travail d'un style plus pop, gommant, nous dit-elle, le vibrato. L'occasion aussi de montrer que les jeunes musiciens classiques sont loin d'être sectaires.

Nous n'écoutons pas que de la musique baroque, d'autres styles nous influencent.

Lisa Tatin, soprano

Après ce premier set vocal, le D! Club a résonné de la batterie du jazzman Arthur Hnatek et de son projet électronique Swims. Une très brillante démonstration de mélange d'acoustique et de programmation déclenchées et manipulées à la baguette qui a fait danser le D! Club et ses spectateurs.

Benoît Perrier/mh

Publié le 31 décembre 2018 à 13:03 - Modifié le 31 décembre 2018 à 17:24