Grand Format

Ministrings, maxitalent

Introduction

Découverte! Ils ont entre 6 et 14 ans, ils se produisent dans toute l’Europe qui applaudit leurs concerts-spectacles emballants et chorégraphiés. Cette formation issue du Conservatoire de Lausanne a fait sien un répertoire de traditionnels européens, de mélodies tsiganes, de musiques de film aussi, que les jeunes musiciens transforment en spectacle léger, avec feu et gestes.

Chapitre 01

Pieds nus et chapeau sur la tête

Les Ministrings, ça se passe près de chez vous. Et vous ne le savez pas – ou trop peu.

Imaginez un orchestre d’instruments à cordes constitué d’enfants de 6 à 14 ans, qui se produisent pieds nus et coiffés de chapeaux noirs. Un formation qui donne des concerts de 70 minutes, sans chef d’orchestre, sans partitions, sans chaise ni lutrins, sans autre guide que les percussionnistes en herbe qui l’accompagnent.

Des interprètes concentrés mais légers qui, surtout, donnent à voir leur musique en interprétant de petites chorégraphies ou des déplacements qui amplifient leurs émotions. Emballant? Emballant.

>> Voir les Ministrings en action:

Chapitre 02

Un répertoire de traditionnels européens

Leur répertoire? Comme ils l’ont expliqué sur le plateau de "La Puce à l’oreille": des mélodies tsiganes, des traditionnels bulgares, irlandais, hébreux ou balkaniques, Mozart parfois, des musiques de film aussi, qu’ils transforment en spectacle léger, avec feu et gestes.

>> Les Ministrings au Conservatori Municipal de Música de Barcelona en 2016:

Bref, des morceaux qui donnent envie de se lever et de dansoter avec eux. Leur nom n’évoque pas une culotte-ficelle mais les cordes ("string", en anglais) de leurs instruments – violons pour l’essentiel, altos, violoncelles, et percussion ou piano, parfois.

Les Ministrings en tournée. Les Ministrings en tournée. [Douglas Parsons - DR] Sinon, les Ministrings qui ont quand même fêté leurs 15 ans, tournent dans toute l’Europe, France, Espagne, Turquie, pays de l’Est – plutôt dans des conservatoires.

Pour donner du crédit à sa haute tenue musicale, ajoutons que cette formation au départ liée au Conservatoire de Lausanne fera l’été prochain l’ouverture de "Cordes en ballade", le festival français couvé par le très célèbre Quatuor Debussy. Et qu’il a joué avec le violoniste Gilles Apap, un autre passeur de frontières qu’on retrouve sur leur album comprenant un disque et un DVD: "Ministrings, Violons dansants".

Chapitre 03

Jouer avec le corps tout entier

Raconté comme cela, les Ministrings ressemblent encore à une formation destinée aux concours télévisés type "X-Factor" ou "La France a un incroyable talent" (notez, ils pourraient le faire). Ou à une de ces mini-orchestres calibrés pour plaire au grand public un peu balourd, trop heureux d’applaudir à des performances qui prennent à contre-pied les mauvais clichés de la musique classique (ennui, discipline, poussière). En fait, non.

Les Ministrings du Conservatoire de Lausanne. Les Ministrings du Conservatoire de Lausanne. [Douglas Parsons - DR] Derrière les Ministrings et leur enthousiasme communicatif, il y a une vrai démarche, la méthode pédagogique mise au point par la Lausannoise Tina Strinning, enseignante au Conservatoire de Lausanne qui s’est mise à la retraite pour se consacrer à la diffusion de son projet.

Cette méthode s’appelle Les Violons Dansants. Elle vise à apprendre la musique, principalement les instruments à corde, en se servant de tout son corps, en prolongeant le son au-delà de l’archet, en le faisant émaner de l’espace, etc.

>> Tina Strinning sur le plateau de "La Puce à l'oreille"

Puce de Noël
La puce à l'oreille - Publié le 20 décembre 2018

Âme des Ministrings, Tina Strinning est aujourd’hui secondée par Baiju Bhatt. Si elle est bel et bien professeur de violon, elle laisse aux jeunes interprètes le soin de trouver les idées de leurs embryons de chorégraphies – "quand on les écoute, les enfants ont souvent des propositions étonnantes", dit-elle.

"Pieds nus, tête haute", lit-on sur l’album des Ministrings. Vu et approuvé.

Crédits

  • Proposition et textes:

    Stéphane Bonvin

  • Réalisation web:

    Melissa Härtel

  • RTS Culture

    Décembre 2018