Modifié le 29 mars 2018 à 09:57

"Venir grand sans virgules", un premier ouvrage rafraîchissant

Myriam Wahli
Myriam Wahli : " Venir grand sans virgules " Versus-lire / 38 min. / le 27 mars 2018
Myriam Wahli publie son premier roman "Venir grand sans virgules" aux Editions de l'Aire. Le récit est entièrement rédigé sans virgule, une absence de respirations qui ne nuit pas à la santé des phrases, au contraire.

La petite a 10 ans, elle vit dans un monde reculé, coupé du monde. Avare de mots, elle n’en pense pas moins. Ecrasée par les paroles et les codes des adultes, elle voit tout, entend tout et résiste de toutes ses forces. Elle a ses refuges, comme le noyer majestueux, pour s’évader de ce monde fait de rituels, de religion, de bien et de maux.

La couverture de "Venir grand sans virgules", Myriam Wahli (Editions L'aire)

On faisait partie d'un tout et maintenant il y avait le tout d'une part et soi d'une autre part

"Venir grand sans virgules", Myriam Wahli (Editions L'aire)

Cette petite fille aurait pu être Myriam Wahli, l’auteure de "Venir grand sans virgules", mais ce n’est pas le cas, pas tout à fait. "Je n’ai pas grandi dans le même village, Hauteroche (JU). Si je l’avais placée où j’ai grandi, je n’aurais pas eu les libertés voulues dans mon récit", dit l'auteure. Des ressemblances à sa réalité, il y en a, "mais, ce n'est pas une autobiographie".

Fluide, spontané, sincère

Le récit est écrit sans virgule ni béquille. Ce style fluide a le mérite de restituer le regard de l’enfant. Spontané. Sincère. Cette absence de pause ne nuit pas au suivi de l’histoire, elle le rend digeste. Le lecteur, par ce rythme différent, s’adapte et respire avec l’auteure.

La couverture de "Venir grand sans virgules", Myriam Wahli (Editions L'aire)

parce que les virgules séparent...

"Venir grand sans virgules", Myriam Wahli (Editions L'aire)

Cette idée n’en était pas une à la base. "Je ne me suis jamais dit: "tiens si j’écrivais sans virgule!". La première phrase que j’ai sortie n’en avait pas, dit la jeune femme née dans le Jura bernois. Ça me permettait de tout lâcher, de ne rien morceler, le rythme pouvait couler."

"Je ne réfléchis pas quand j'écris"

Cette caractéristique, cette spontanéité fait partie du caractère de la jeune auteure: "Je ne réfléchis pas quand j’écris, je mets de la musique forte dans les oreilles jusqu’à ce que mon mental s’arrête. Si je réfléchis, je n’écris pas."

Après avoir publié un recueil de nouvelles "Le poids des poissons perdus" (Editions Noyau) et livré plusieurs critiques littéraires, Myriam Wahli s’est lancée dans son premier roman. Enfin. Son écriture a duré trois ans, "un quart de chapitre par jour", détaille l'auteure. Son baptême de feu est réussi et rafraichissant.

Sujet radio: Marlène Métrailler

Adaptation web: Jeremy Damon

"Venir grand sans virgules", Myriam Wahli (Editions L'aire)

Publié le 28 mars 2018 à 14:34 - Modifié le 29 mars 2018 à 09:57