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"La librairie humaine", emprunter des récits de gens plutôt que des livres

Le concept de la "librairie humaine" permet d'écouter le récit d'un "livre humain" pendant 30 minutes. [humanlibrarysg.org]
Emprunter un "livre humain" qui vous raconte son histoire comme on emprunte un livre / Tout un monde / 3 min. / le 28 novembre 2017
La "Human Library" est un mouvement mondial qui permet d’emprunter un humain et son histoire à la place d’un livre. L’objectif est de briser certains clichés et stéréotypes. Reportage à Singapour.

La "Human Library" ou "bibliothèque humaine" est née au Danemark en 2010 et se déroule tout au long de l’année à différents endroits du monde. D'un côté il y a les "human books", des "livres humains" constitués de personnes qui vivent une discrimination en raison de leur physique, origine, religion, orientation sexuelle ou choix de vie et qui sont prêtes à en parler et de l'autre des "humans readers", les lecteurs.

Ecouter des histoires

A Singapour, à la table du "livre humain" Robina, une employée de maison d'origine philippine à Singapour, une dizaine de personnes portent le bracelet jaune qui indiquent qu'elles sont là pour l'écouter et lui poser des questions.

Parmi ces lecteurs, Adam, un Indien de 31 ans qui vit à Singapour depuis dix ans. Pourtant, il a le sentiment de ne pas vraiment connaître ses habitants. C'est pour cette raison qu'il est venu à la "Human Library"." A Singapour", raconte-t-il, "il est difficile de rencontrer des personnes de différentes classes sociales. Je suis venu pour écouter leur histoire. Il est plus facile d'écouter une personne parler pendant 30 minutes que de lire un livre de 400 pages à son sujet."

Sensibiliser les auditeurs aux discriminations

"Ce genre d'événement permet aux gens de prendre conscience de ce qu'il se passe autour d'eux", raconte Robina, l'employée de maison qui est venue raconter son histoire pendant son seul jour de congé hebdomadaire. Son histoire permet de sensibiliser les auditeurs à la maltraitance des employées domestiques, très nombreux à Singapour.

Victime de censure

Avec des sujets parfois sensibles et des questions parfois taboues, comme la peine de mort ou la maltraitance, la "Human Society" a parfois été victime de censure, comme en Russie en raison d'un "livre humain" homosexuel.

Selon son organisatrice à Singapour, Kelly Zainal, l'idée de cette librairie est de provoquer des discussions et de briser certains stéréotypes. "Ne jugez pas un livre sur sa couverture et n'hésitez pas à aller vers lui", telle est la mission de la "Human Library", qui s'est déjà tenue dans plus de 70 pays.

Margaux Bédé/mh

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