Modifié le 04 août 2017 à 09:58

Le phénomène Tinder décrypté dans un roman

L'application Tinder attire particulièrement les jeunes.
Nouveaux modes de vie: Tinder, symbole de la génération Y L'invité du 12h30 / 9 min. / le 25 juillet 2017
A 32 ans, la Française Ana Ker vient de publier un premier roman, "Tinder Surprise", aux éditions Albin Michel. Inspiré par l'application qui connaît un succès mondial, il est révélateur d'une tendance très actuelle.

Tinder est une application de rencontres qui permet de visualiser rapidement plusieurs profils d'hommes et de femmes, de cliquer sur les visages qui nous plaisent, de "matcher" si entente puis d'entamer une discussion, voire une rencontre. L'application est le symbole de la génération Y, ces jeunes nés entre 1980 et 2000. Ana Ker fait partie de cette génération et vient de publier un livre nommé "Tinder surprise", drôle et ultra-contemporain, aux éditions Albin Michel.

Couverture du premier ouvrage d'Ana Ker, "Tinder surprise".
Couverture du premier ouvrage d'Ana Ker, "Tinder surprise". [Albin Michel]

L'ouvrage raconte l’histoire de Joséphine Simon, une trentenaire qui vit a Paris. Elle sort d’une longue relation dont elle peine à se remettre et ses amies lui lancent un défi: elle a deux semaines pour rencontrer vingt hommes et éventuellement le Prince charmant. Elle s'inscrit donc sur Tinder et découvre alors un univers fascinant: celui de la rencontre rapide, la rencontre en un clic.

L'occasion pour l'auteure de décrire l'univers de Tinder et son côté addictif et féérique, mais aussi agaçant et lassant. Le nombre de "match" potentiels peut donner le vertige. Il s'agit ensuite de trier les personnes à rencontrer, ceux que l'héroïne du roman classe en trois catégories: les "Rien", les "Lions" et les "Super Phoenix", selon la manière qu'elles ont de l'aborder.

Se mettre en scène derrière un écran

Grâce à tous ces égos qui se flattent et la multitude de possibilités qui s’offrent, Tinder a changé la manière de se rencontrer et d’aimer, affirme l'auteure. Les gens se rencontrent de moins en moins dans des bars ou via des connaissances d'amis mais passent beaucoup plus de temps en ligne. "Le fait d'être caché derrière un écran permet de se mettre en scène plus facilement, il s'agit d'un marketing de l'humain", affirme Ana Ker au micro de la RTS.

Avec Tinder, on rentre dans une industrialisation de la drague et de la séduction. De la manière dont je décris les rencontres, on est vraiment dans une sorte de supermarché où il y a du bio, il y a du hard discount, il y a des produits exotiques, etc...

Ana Ker, auteure de "Tinder suprise" (Albin Michel)

Au final, la protagoniste de "Tinder surprise", Joséphine Simon, finit d’ailleurs par déchanter et presque par s’ennuyer de toutes ces rencontres virtuelles. Durant les deux semaines, elle a rencontré les vingt hommes et "matché" avec 296 personnes. Défi relevé donc.

Nadine Haltiner/mh

Ana Ker, "Tinder suprise", éditions Albin Michel

Publié le 26 juillet 2017 à 08:54 - Modifié le 04 août 2017 à 09:58