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L'essayiste et moine bouddhiste Matthieu Ricard publie ses mémoires

L'invité de La Matinale (vidéo) - L’essayiste et moine bouddhiste français Mathieu Ricard publie ses mémoires [RTS]
L'invité de La Matinale (vidéo) - L’essayiste et moine bouddhiste français Mathieu Ricard publie ses mémoires / La Matinale / 10 min. / le 13 octobre 2021
Le moine bouddhiste français Matthieu Ricard, qui vit entre son ermitage de l'Himalaya et son lieu de retraite en Dordogne, publie "Carnets d'un moine errant". Ses mémoires racontent sa découverte de la spiritualité, ainsi que sa foi en la bienveillance et en la bonté de la nature humaine.

Né en Savoie à Aix-les-Bains en 1946, Matthieu Ricard est le fils du philosophe Jean-François Revel et de l'artiste peintre Yahne Le Toumelin, elle-même moine bouddhiste. Diplômé d'un doctorat en génétique à l'Institut Pasteur en 1972, le Français décide de mettre sa vie au service de la bonté en devenant moine bouddhiste après une révélation en 1967 lors de son premier voyage en Inde.

Désormais installé en Dordogne, l'essayiste publie ses mémoires dans un livre de 800 pages intitulé "Carnets d'un moine errant". "C'est un témoignage des merveilleuses choses que j'ai vécues et des gens qui m'ont inspiré", explique Matthieu Ricard. "Je me suis dit qu'à 75 ans, tant que mon cerveau fonctionne à peu près correctement, c'était le moment ou jamais."

L'ouvrage, qui paraît aux éditions Allary, relate également plusieurs anecdotes du religieux, notamment le saut d'un train en marche ou ses bonnes performances en tant que gardien de football au lycée.

"Je suis né le 12 juin 1967, à l’âge de 21 ans"

La rencontre avec un maître spirituel tibétain lors d'un voyage en Inde sera déterminante pour le religieux. "Lorsque je suis parti à l'âge de 21 ans à Darjeeling, j'ai rencontré des personnes qui pour moi incarnaient un bon être humain. Je ne m'intéressais pas spécialement au bouddhisme, mais les qualités humaines et spirituelles de ces personnes étaient propres à inspirer mon existence", explique-t-il.

Pour devenir un bon être humain, il faut "se débarrasser de l'arrogance, de la jalousie et de l'obsession" et être au service des autres, selon le moine, qui évoque des études en neuroscience démontrant que les humains peuvent changer et sont capables de cultiver des qualités telles que la bienveillance.

L'essayiste souligne d'ailleurs que la "banalité du bien" est souvent négligée. "On est choqué par des actes malveillants, mais on oublie le fait que la plupart des êtres humains se comportent de façon décente les uns envers les autres. Il faut encourager cela."

Un apprentissage continu

Malgré une vie dédiée au bouddhisme, Matthieu Ricard n'estime pas être devenu à son tour un maître spirituel. Il se décrit au contraire comme un "perpétuel disciple" avec "un long chemin à parcourir". A travers son livre, il souhaite partager avec les lecteurs et lectrices "les valeurs intrinsèques des qualités humaines" et comment celles-ci l'ont inspiré dans son quotidien.

Le moine bouddhiste se défend toutefois d'une vie passive, passée à méditer, en soulignant que son engagement religieux a également abouti à des actions humanitaires sur le terrain, notamment dans le domaine de la santé et de l'autonomisation des femmes au Népal, en Inde et au Tibet.

Matthieu Ricard se rendra à Genève en fin de semaine pour deux conférences, l'une à l'Université de Genève et l'autre au Théâtre du Léman, où il présentera son nouveau livre.

Propos recueillis par David Berger
Adaptation web: Isabel Ares

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