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Une histoire irrévérencieuse du Velvet Underground en bande dessinée

Prosperi Buri. [Rita Scaglia 2020 - DR]
L'invité : Prosperi Buri, "Une histoire du Velvet Underground" / Vertigo / 27 min. / le 17 mars 2021
Dans "Une histoire du Velvet Underground", le bédéiste, scénariste et musicien français Prosperi Buri relate l'histoire du groupe new-yorkais dans un portrait sans complaisance.

Andy Warhol entraîné quasiment de force à un concert au Cafe Bizarre de New York par une amie réalisatrice de cinéma expérimental. Sur scène: le groupe américain dont le pape du pop-art ornera le premier album d'une banane, faisant de sa pochette une des plus emblématiques de l'histoire de la musique. Ainsi commence la bande dessinée "Une histoire du Velvet Underground" de Prosperi Buri.

Son auteur raconte à sa manière l'épopée de cette formation mythique au succès tardif mais constant depuis sa séparation. A mille lieues d'une biographie flattant un groupe culte et son leader-gourou Lou Reed, l'auteur s'amuse en prenant un contrepied irrévérencieux. "Moi j'adore le Velvet, j'adore Lou Reed, mais j'ai envie de montrer aussi que c'était un sale con", confie Prosperi Buri à la RTS.

Des égos réels pour une histoire plus ou moins vraie

A l'exception de la batteuse Moe Tucker, connue pour son égo mesuré, tous les acteurs de cette histoire en prennent pour leur grade. L'auteur le revendique: "Je pense qu'on a le droit et même le devoir de se moquer de tous les gens qui se prennent trop au sérieux. Je pense que c'était le cas de Lou Reed, John Cale et Nico."

Prosperi Buri s'est beaucoup documenté et affirme que dans son album "tout est plus ou moins vrai, même quand on se dit que c'est trop gros ou un peu rigolo". Le vrai du faux restant difficile à démêler dans l'histoire du Velvet Underground, émaillée de conflits pendant et après sa dissolution et donnant lieu à autant de versions des faits que d'acteurs de cette épopée.

Un récit en noir et blanc et rose

D'abord imaginé en noir et blanc, parce que destiné à être auto-édité, l'ouvrage s'est paré de rose. Une façon de contrebalancer avec un peu de fraîcheur la noirceur du groupe. Un ajout emprunté à la pochette de "Loaded", le quatrième album du Velvet sorti en 1970, et sa vapeur rose émanant d'une bouche de métro. Une "cover" doublement inspirante pour Prosperi Buri qui l'a également détournée pour la couverture de son album.

Propos recueillis par Pierre-Philippe Cadert

Adaptation web: Sébastien Blanc

Prosperi Buri, "Une histoire du Velvet Underground", Editions Dargaud.

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