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"Il faut flinguer Ramirez – Acte 2", une BD française à la sauce américaine

La couverture de la BD "Il faut flinguer Ramirez – Acte 2". [éditions Glénat]
Entretien avec Nicolas Petrimaux, auteur de "Il faut flinguer Ramirez, Acte 2" / QWERTZ / 19 min. / le 6 janvier 2021
En 2018, l'acte 1 de "Il faut flinguer Ramirez" avait mis la planète BD en ébullition avec 100'000 albums vendus. Nicolas Petrimaux vient de livrer l'acte 2 d'une histoire rocambolesque qu'il présente comme "un film sur papier" truffé d'effets spéciaux.

Conçu en Normandie, Nicolas Petrimaux est né à Evreux le jour de la sortie du film "E.T.". Logiquement, il fut biberonné au cinéma américain et ça laisse forcément des traces.

Quand le dessinateur, graphiste, illustrateur - qui travaille d'abord une dizaine d'années comme concept designer de l'industrie vidéoludique - se lance dans son premier projet d'envergure de bande dessinée, il voit les choses en grand: forcément. Mais avant de se lancer, il a tout imaginé, tout bien réfléchi. Son histoire se déroulera en trois temps. Trois tomes.

Un réparateur d'aspirateur

Elle se situe entre l'Amérique, Falcon City Arizona, et le Mexique de Paso de Rio. L'action se déroule au début des années 1980 autour de la Robotop, la Rolls Royce de l'électroménager. Jacques Ramirez, son héros, y travaille comme réparateur d'aspirateur de génie, il vient d'ailleurs d'être élu "employé du mois".

Ses voisins et collègues l'adorent. Il ne paie pas de mine, plutôt petit et sec. Sur son visage s'étale une grosse tache de vin à demi camouflée par une épaisse moustache noire. Un être discret, d'autant plus qu'il est muet. Voilà notre homme.

Un homme à abattre

Mais qui est vraiment Jacques Ramirez, a-t-il un lien avec les Ramirez mexicains? "Les Ramirez de la famille de ceux qui flinguent du connard en toute discrétion depuis plus d'un siècle"? Apparemment ils sont nombreux à le croire. Assez pour que notre placide Jacques devienne l'homme à abattre? Le voilà en tout cas dans la mire des flics et des pires mafieux de la région.

A partir de là, Nicolas Petrimaux dessine et déroule son récit, sans concession.

Sans concession, c'est-à-dire que je vais vraiment jusqu'au bout, j'essaie de faire les pages les plus belles possible pour moi, de me faire plaisir. Et pareil au niveau de la pagination, de ne pas être contraint dans un format calibré par l'univers de la BD franco-belge. Je voulais me détacher de tout ça. Faire quelque chose où je pourrais être libre.

Nicolas Petrimaux, dessinateur, graphiste et illustrateur

Tout simplement: liberté, plaisir et exigence. Résultat, la saga de Ramirez ne ressemble à rien de connu. C'est une BD à grand spectacle. Elle grouille de trognes, gangsters, flics et petites pépètes... Petrimaux mélange joyeusement tous les genres. On y trouve du western spaghetti, du polar qui tache, du road movie. L'auteur joue avec les codes, le récit est entrecoupé de pubs, de coupures de presse, d'affiches de cinéma. C'est une BD augmentée, elle a sa bande-son.

>> A voir, un extrait de la BD:

Il faut flinguer Ramirez - Tome 02

Le souci du détail

Petrimaux gère et soigne tout dans les moindres détails: les décors, les dialogues… C’est drôle ! Il ne laisse rien au hasard. Le lecteur peut même contacter la Robotop. Le site FlinguerRamirez.com en témoigne. Il mérite aussi le détour.

Décidément, "Il faut flinguer Ramirez" n'est pas une bande dessinée, c'est un univers, c'est un pays explosif. Il sent le hamburger, les tacos et le vieux bourbon. A tel point que même les Américains s'y sont engouffrés. "Gunning for Ramirez – Act 1", est en effet paru cet automne sous le prestigieux label Image Comics, basé à Portland Oregon. Pas banal.

Marlène Métrailler/ld

Nicolas Petrimaux, "Il faut flinguer Ramirez – Acte 2", éditions Glénat.

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