Modifié

Le romancier espagnol Juan Marsé, "narrateur de Barcelone", est décédé

Juan Marsé photographié en 2007. [Ulf Andersen - Aurimages/AFP]
Le romancier espagnol Juan Marsé, "narrateur de Barcelone", est décédé / Le Journal horaire / 12 sec. / le 19 juillet 2020
L'auteur catalan Juan Marsé est décédé samedi à l'âge de 87 ans, a annoncé dimanche son agence littéraire Balcells. Il avait reçu en 2008 le prix Cervantès, considéré comme le Nobel des lettres hispaniques, pour son oeuvre contant la ville de Barcelone.

"La littérature est un règlement de comptes avec la vie" qui est rarement comme on l'espérait, disait Juan Marsé, citadin au visage buriné et au regard noir, tour à tour ironique et mélancolique, auteur de quinze romans en près de soixante ans.

L'un des plus célèbres, "Teresa l'après-midi" (1966), est la chronique d'une passion transgressive et finalement calamiteuse entre un fils de pauvre qui voudrait ne plus l'être et une étudiante des quartiers chics. Mais cette oeuvre était inacceptable pour l'Espagne puritaine et "nationale catholique" de Francisco Franco, qui l'avait censurée.

Résistance à Franco

Dans un autre roman écrit en 1973, "Adieu la vie, adieu l'amour", Marsé avait introduit tout un pan d'histoire de la résistance antifranquiste à Barcelone à partir de 1945. "Un manifeste pour la liberté d'expression", selon l'écrivain Antonio Muñoz Molina, d'abord primé et publié au Mexique avant d'être édité en Espagne après la mort de Franco en 1975.

"C'est un écrivain et un narrateur né", disait de lui son agent littéraire Carmen Balcells, décédée en 2015, à laquelle il avait promis 10% de ses cendres s'il disparaissait avant elle.

afp/oang

Publié Modifié

De nombreux prix

Marsé a reçu de nombreux prix littéraires dont le Planeta 1978 pour "La fille à la culotte d'or". En 2008, à la réception du prix Cervantès, il s'était revendiqué "amoureux inconditionnel de la fiction", celle qui parvient à avoir "plus de poids et de solidité que le réel, plus de vie propre et plus de sens", disait-il.