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Une sélection de livres et bandes dessinées à dévorer cet été

Des lectures pour ses vacances. [arastorguev - Depositphotos]
Des lectures pour ses vacances. [arastorguev - Depositphotos]
Que ce soit à la plage ou à la montagne, dans son jardin ou sur son balcon, la lecture et l'été ont toujours fait bon ménage. Et quoi de mieux cette année pour vous évader sans avoir besoin ni de vous déplacer ni de porter un masque?

Pour aider les vacanciers-lecteurs à choisir les livres, l'académie Goncourt et le jury du Renaudot ont chacun publié une liste de recommandations de lecture.

"Papa" (Seuil) de Régis Jauffret, le livre le plus intime de l'auteur de "Microfictions", est le seul roman à figurer dans les deux sélections.

>> A lire: L'écrivain Régis Jauffret revient avec ses "Microfictions" noires et cruelles

Les Goncourt conseillent également le premier roman très sensible d'Anne Pauly, "Avant que j'oublie" (Verdier), un récit tragi-comique plein de tendresse et d'empathie autour de la maladie et la mort du père de la narratrice. Le livre, qui est aussi un formidable hommage aux gens de peu, vient de recevoir le convoité prix du Livre Inter.

En plus de ces deux sélections, n'oubliez pas "Et toujours les forêts" (JC Lattès), fiction post-apocalyptique racontant l'effondrement d'un monde terriblement semblable au nôtre, récompensé au printemps par le grand prix RTL/Lire et le prix de la Closerie des Lilas. Ce livre signé par la romancière Sandrine Collette résonne familièrement après l'épidémie de coronavirus.

Toujours parmi les livres primés, il serait dommage de passer à côté du délicat "Âme brisée" (Gallimard) de l'écrivain francophone d'origine japonaise Akira Mizubayashi, récompensé par le prix des Libraires.

Des livres sortis durant le confinement

En attendant les livres de la rentrée, pourquoi ne pas lire les romans pénalisés par le confinement et la fermeture des librairies?

Parmi eux, on peut citer "Never(s)" (P.O.L) de Frédérique Berthet, histoire d'amour épistolaire d'un couple séparé par la guerre ou le réjouissant "Flambeur de la Caspienne" (Flammarion) de Jean-Christophe Rufin qui raconte une nouvelle aventure d'Aurel le consul, cette fois en Azerbaïdjan.

Sorti quelques jours seulement avant le confinement, "Chanson bretonne. L'enfant et la guerre. Deux contes" (Gallimard) de J.M.G. Le Clézio, mérite qu'on y revienne.

Les valeurs sûres

On peut évidemment se fier aux valeurs sûres de l'édition qui caracolent déjà en tête des ventes. Les amateurs de best-sellers ne manqueront pas de glisser dans leur valise le nouveau titre de Guillaume Musso, "La vie est un roman" (Calmann-Lévy). S'il reste de la place, on ne peut que conseiller "La vallée" (XO), le nouveau thriller de Bernard Minier ou "Il était deux fois" (Fleuve noir) de Franck Thilliez.

Côté étranger, on ne peut passer à côté de "Retour de service" (Seuil) de John le Carré ni du nouveau roman d'Elena Ferrante, "La vie mensongère des adultes" (Gallimard).

>> A lire: Elena Ferrante continue de décrire la vie compliquée des femmes

Des classiques, des polars et des récits

Toujours du côté des classiques, on se fera assurément plaisir en retrouvant les romans et récits de Joseph Kessel, en particulier "Le lion", enfin édités dans la Pléiade.

Genre incontournable des vacances, le polar offre l'embarras du choix. On peut citer "Banditi" (JC Lattès) d'Antoine Albertini, un très noir polar corse ou l'hilarant, bien ficelé et féministe ou "L'amitié est un cadeau à se faire" (Gallmeister) de l'Américain William Boyle.

Une liste à compléter avec  "Les services compétents" (P.O.L) de Iegor Gran, le fils du dissident soviétique Andreï Siniavski, qui rend un hommage original, touchant et malicieux à son père dans ce livre à la fois drôle et terrifiant. Et "Alpinistes de Staline" (Stock) de Cédric Gras, captivante et tragique histoire des frères Abalakov, pionniers de l'alpinisme en Union soviétique.

>> A écouter, un entretien avec Iegor Gran à propos de son ouvrage: "Les services compétents":

 

Iegor Gran, écrivain. [Ulf Andersen - AFP]Ulf Andersen - AFP
Iegor Gran, "Les services compétents" / Vertigo / 89 min. / le 21 février 2020

Bandes dessinées

Côté BD, l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD) a publié une liste des "10 indispensables de l'été" dans laquelle on trouve notamment "Peau d'homme" (Glénat), bouleversant et subtil témoignage contre l'homophobie. Cet album qui nous plonge dans l'Italie de la Renaissance est l'ultime album du scénariste Hubert, disparu à 49 ans en février dernier, et du dessinateur Zanzim.

Parmi les autres titres recommandés, il y a aussi "L'homme qui tua Chris Kyle" (Dargaud) de Fabien Nury (dessin) et Brüno (scénario), documentaire troublant sur l'Amérique d'aujourd'hui et "Payer la terre" (Futuropolis) de Joe Sacco sur la lutte des Amérindiens du Nord-ouest canadien.

Des romans noirs et polars made in Switzerland

Pour beaucoup, les vacances estivales se passeront en Suisse. L’occasion de glisser dans le sac quelques romans à dominante noire, signés par des auteurs locaux.

"L’Engrenage du mal" (Ed. Slatkine & Cie), dernier opus du Neuchâtelois Nicolas Feuz, ravira les amateurs de balades sur les rives du Doubs. Une intrigue sombre qui prend sa source dans la rivière franco-suisse où flottent les cadavres. Rouge-sang et noir.

>>A lire: Le procureur neuchâtelois et auteur de polars Nicolas Feuz tue à nouveau

Dans les mêmes teintes dominantes, la Genevoise Olivia Gerig vient de publier un roman tout aussi sanguinaire resté en souffrance pendant les semaines de confinement. "Les Ravines de sang" (Ed. L’Age d’Homme) emmène son lecteur entre les pentes de Haute-Savoie et les plages de l’île de La Réunion. Là aussi, la vengeance y sert de ressort dramatique, avec une touche d’exotisme en plus.

>> A lire: Vengeance sous le soleil de la Réunion dans "Les Ravines de sang"

Ceux qui n’ont pas encore lu l’épais roman de Joël Dicker profiteront de leur séjour dans les Alpes pour s’initier au charme discret de la bourgeoisie financière genevoise et à ses dangereuses échappées dans le val de Bagnes.

"L’Enigme de la chambre 622" (Ed. de Fallois), permet à l’auteur de devenir lui-même personnage de roman et de dire tout le bien qu’il pense de son éditeur pygmalion Bernard de Fallois, récemment disparu.

>> A lire: Joël Dicker: "C'est un roman suisse qui met en avant la langue française"

Comme une pirouette à Dicker, le Neuchâtelois Daniel Sangsue cherche sa vérité sur l’affaire Karl Kleber. Dans "A la recherche de Karl Kleber" (Ed. Favre), l’auteur mène une enquête joueuse sur les traces d’un professeur de littérature française à l’Université de Thoune, disparu mystérieusement en laissant quelques traces bibliophiliques. Un régal.

Enfin, il y avait du beau monde sur la sélection du Prix du polar romand 2020 (Feuz, Dicker et Eglin), mais c’est la Lausannoise Marlène Charine qui en est la lauréate avec un premier roman noir publié chez Calmann-Lévy, "Tombent les anges". Dominante féminine dans cette enquête menée par une gardienne de la paix un brin cynique sur la mort d’une jeune infirmière de 25 ans. Avec une pointe de surnaturel qui plaira aux amateurs.

>> A lire: Un thriller teinté de surnaturel reçoit le Prix du polar romand

afp/jmf/aq

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