Modifié le 12 mars 2020 à 16:18

Alina Gurdiel, une femme-orchestre dans l'édition parisienne

Alina Gurdiel, éditrice, responsable de la collection "Ma nuit au musée" chez Stock
Entretien avec Alina Gurdiel, éditrice, responsable de la collection Ma nuit au musée chez Stock QWERTZ / 19 min. / le 12 mars 2020
Alina Gurdiel dirige aux éditions Stock la collection Ma nuit au musée qu'elle a créée. Une façon de briser les frontières et allier ses deux passions, la littérature et l'art.

Durant seize ans, Alina Gurdiel a été attachée de presse pour les éditions Grasset. En 2016, elle a fondé sa propre agence de communication, devenant une sorte de femme-orchestre dans le monde éditorial parisien. Si elle continue à exercer le même métier auprès de certains auteurs, comme Frédéric Beigbeder par exemple, elle s'occupe en outre de la communication et de l'organisation de plusieurs événements et prix littéraires et, surtout, elle œuvre désormais en tant qu'éditrice indépendante ou apporteuse de projets. A ce titre, elle a créé en 2018 aux éditions Stock la collection Ma nuit au musée. Une façon d'allier ses deux passions: la littérature et l'art.

Le principe est simple: un auteur ou une autrice est invité.e à passer une nuit, tout.e seul.e, dans un musée. De cette aventure, insolite, mystique, angoissante, bouleversante selon les cas, naît un livre. Pas un livre d'art, un essai ou un roman, mais un texte bien souvent extrêmement singulier, tant l'expérience semble conduire les écrivain.es hors de leur zone de confort.

Ainsi Alina Gurdiel incarne une nouvelle façon de travailler dans l'édition, qui brise les frontières et donne naissance à des concepts originaux et novateurs.

Santiago H. Amigorena dans le musée Picasso à Paris

La couverture du livre "Il y a un seul amour" de Santiago H. Amigorena. La couverture du livre "Il y a un seul amour" de Santiago H. Amigorena. [Editions Stock] Après Kamel Daoud, Lydie Salvayre ou Léonor de Récondo, Santiago H. Amigorena s'est prêté à l'exercice de Ma nuit au musée. L'auteur du "Ghetto intérieur" s'est isolé une nuit entière dans le musée Picasso à Paris. Dans cette solitude imposée, Amigorena compose un texte d'introspection, retour sur lui-même et sur quelques fondamentaux. Pourquoi écrit-on et, surtout, pourquoi aime-t-on?

Dans une adresse à la femme qu'il aime, toute une nuit entouré de chefs-d'œuvre, il cherche les mots pour dire le sentiment amoureux, le temps qui passe et le désir d'écrire, pour en arriver à une épure émouvante dans sa simplicité nue: "J'ai quitté le musée pour marcher dans le jour qui se levait enfin sur Paris, pour marcher avec un seul espoir, un seul désir, un seul but: arriver à la maison et te retrouver tout au fond de notre lit".

Sylvie Tanette/aq

Santiago H. Amigorena. "Il y a un seul amour". Stock coll. Ma nuit au musée.

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Publié le 12 mars 2020 à 16:16 - Modifié le 12 mars 2020 à 16:18