Publié le 13 février 2020 à 17:01

Alexandre Friederich questionne l'avenir de l'homme-machine

L'écrivain Alexandre Friederich.
Entretien avec Alexandre Friederich, auteur d'un essai intitulé "H+" RTSculture / 19 min. / le 09 février 2020
L'auteur genevois Alexandre Friederich publie "H+. Vers une civilisation 0.0." Un livre dans lequel il s'interroge sur l'avenir de l'humanité alors que celle-ci a largement adopté la religion du progrès.

C'est un "sentiment général de vertige" qui, une nouvelle fois, est la source du dernier essai signé de l'écrivain et essayiste genevois Alexandre Friederich. Après "Easyjet" (2014) où l'auteur, grand amateur de vélo, expérimentait l'enfer terrestre et aérien des voyages en avion low-cost, et après "Fordetroit" (2015), véritable immersion littéraire dans les bas fonds d'une humanité oubliée, tous deux publiés aux éditions Allia, voici "H+. Vers une civilisation 0.0.", paru en ce début d'année dans la même maison d'édition.

Et le lecteur est averti dès les premières pages: c'est un plaidoyer militant qu'il tient entre les mains. Alexandre Friederich, grand voyageur et diplômé de philosophie, y pose un constat sans appel: désormais, aujourd'hui et à l'avenir, le numérique EST le monde. "Mais le monde d'après, dans lequel opèrent des vivants réduits, en passe d'oublier ce que l'on nommait "conscience", "liberté" ou encore "personne".

Amélioration de la condition humaine par les sciences

Alexandre Friederich décide, ainsi, d'opposer minutieusement le questionnement philosophique à ce qu'il appelle la "futurologie". Depuis que le numérique éclipse l'homme, ce dernier est-il véritablement sur la voie du progrès? Que penser de nos sociétés dans lesquelles les frontières entre machine et vivant s'effacent davantage chaque jour? Saurons-nous garder notre libre arbitre, existera-t-il même encore, ou est-ce déjà trop tard?

"H+", le titre de cet essai dense et dérangeant, renvoie au transhumanisme, dont il est le symbole. Ce mouvement dénoncé par l'auteur vise, selon la fiche Wikipédia, à améliorer la condition humaine par les sciences et les techniques. Le monde, constate Alexandre Friederich, a adopté ce mouvement comme une évolution. A tel point, que le progrès est devenu une religion, "conquérante", avec ses "fidèles, son délire et ses technoprophètes".

Mais alors, dans ce modèle de société-là, que deviennent la pensée, l'intériorité et la dissidence, ces garde-fous de notre humanité, se demande l'écrivain. "L'homme y vit dans un tel état d'indétermination qu'il adopte, faute d'autres valeurs, la valeur progrès".

Linn Levy/og

 Alexandre Friederich , "H+. Vers une civilisation 0.0.", éditions Allia.

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Publié le 13 février 2020 à 17:01