Modifié le 11 septembre 2019 à 09:33

"Après ma mort, personne d'autre que moi ne dessinera Titeuf", confie Zep

L'invité de La Matinale (vidéo) - Zep, qui sort sa nouvelle bande dessinée "Happy Sex 2"
L'invité de La Matinale (vidéo) - Zep, qui sort sa nouvelle bande dessinée "Happy Sex 2" L'invité-e de La Matinale / 10 min. / le 09 septembre 2019
Invité de La Matinale de la RTS pour présenter son nouvel album "Happy Sex 2", le créateur et dessinateur de Titeuf Philippe Chappuis, alias Zep, a confié qu'il ne voulait pas qu'un autre artiste prenne, après sa mort, la relève pour continuer à faire vivre son personnage.

"J'ai déjà pris des dispositions pour Titeuf. J'ai toujours dit à mes enfants et à mon entourage que personne d'autre que moi ne le dessinera", a confié lundi au micro de la RTS Philippe Chappuis, le créateur du personnage. Interrogé dans le cadre de la sortie de sa nouvelle BD "Happy Sex 2" (lire encadré), il estime que "c'est un leurre de croire que, si on copie le dessin de quelqu'un, on peut faire vivre son personnage".

L'invité de La Matinale (vidéo) - Zep, qui sort sa nouvelle bande dessinée "Happy Sex 2"

C'est un leurre de croire que, si on copie le dessin de quelqu'un, on peut faire vivre son personnage

Philippe Chappuis, alias Zep

Avec Tintin, "il ne faut pas faire les malins"

L'artiste genevois a fait cette confidence alors qu'il réagissait à la fermeture de l'exposition de l'artiste est-allemand ATAK, dans le cadre du festival Off de BDFIL, le rendez-vous lausannois de la bande dessinée. Connu pour ses reprises des icônes de la pop-culture venus de l'Ouest, ATAK avait, pour l'occasion, dessiné une affiche représentant Tintin à Lausanne. Détentrice des droits du héros d'Hergé, la société Moulinsart SA avait rapidement réagi et enjoint l'exposition à fermer immédiatement ses portes, comme l'a révélé 24heures dimanche.

"On sait que la fondation Moulinsart est particulièrement sensible et qu'il ne faut pas faire les malins", estime Zep. "On n'a plus rien le droit de dessiner autour de Tintin, droit à la parodie excepté. C'était le souhait d'Hergé et je trouve qu'il faut respecter ça. Beaucoup de gens peuvent dessiner Tintin très très bien, mais pour faire vivre les histoires du personnage, il n'y a qu'Hergé. C'est une part de lui qui le faisait vivre", poursuit le dessinateur.

Pas convaincu par les reprises

Les reprises de personnages après la mort de l'auteur, ou après sa décision d'arrêter une série, sont pourtant monnaie courante dans la bande dessinée. Le cas s'est notamment présenté avec Lucky Luke, Astérix ou encore Thorgal. "Je trouve ça très dommage. On lit ces albums et on se dit: 'C'est bien, mais il manque quelque chose' (...). Ça ne fonctionnera jamais", estime Zep.

Propos recueillis par Xavier Alonso
Adaptation web: Vincent Cherpillod

Publié le 09 septembre 2019 à 13:00 - Modifié le 11 septembre 2019 à 09:33

Zep replonge avec humour dans le monde du sexe

Le deuxième volume de la bande dessinée "Happy Sex" de Zep sort mardi dans les librairies, dix ans après le premier. Destiné aux adultes, ses 60 planches parlent d'orgasme, mais aussi et surtout de ratages et de contre-performances.

"Il se passe beaucoup de choses nouvelles en matière de sexe. Mécaniquement, on fonctionne toujours de la même manière, mais les rencontres ont changé. C'est devenu quelque chose de beaucoup plus assumé", répond Philippe Chappuis, interrogé sur les motivations qui l'ont poussé à sortir ce deuxième tome pour adultes. "Le sujet est dense. En une semaine, j'avais dessiné 40 pages!"

"Le plaisir, ce n'est plus forcément un homme et une femme"

Il estime que la parole s'est beaucoup libérée en matière de sexe ces dix dernières années. "On assume beaucoup plus la masturbation, les sex toys... Le plaisir, ce n'est plus forcément un homme et une femme", constate l'artiste.

Paradoxalement, si l'on parle plus volontiers de sexe qu'avant, les milieux conservateurs ont renforcé leurs attaques. Le "Guide du zizi sexuel" dessiné par Zep en 2001, qui a fait l'objet de plusieurs expositions, est ainsi régulièrement pointé du doigt et a même été accusé par le président brésilien Jair Bolsonaro de pervertir la jeunesse lors de sa campagne de 2018. "J'étais le premier surpris de le voir débarquer sur le plateau du téléjournal brésilien en brandissant ce guide", avoue Zep, qui glisse que cette "pub" a permis à l'ouvrage d'être réimprimé au Brésil!