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"Au Sevilla Bar" d'Alex Capus, portrait de l’auteur en joyeux tenancier

Alex Capus dans son "Galicia Bar", à Olten, le 9 août 2016. [Thomas Burmeister - AFP]
Alex Capus: "Au Sevilla bar" / Caractères / 60 min. / le 10 mars 2019
Romancier et journaliste, Alex Capus est aussi le propriétaire du Galicia Bar à Olten, où il observe ses clients dont il raconte ensuite les histoires dans ses romans. Démonstration avec "Au Sevilla Bar", texte attentif et malicieux.

Alex Capus est conteur, romancier, journaliste suisse alémanique. C’est lui, le vrai Roi d’Olten. Pas le chat au cœur de son recueil de nouvelles du même nom ("Der König von Olten", Campiche Éditeur, 2009). Alex Capus connaît cette jolie ville comme sa poche. Il y est arrivé à l'âge de 5 ans, depuis Paris, avec sa mère institutrice. Il n’a plus quitté la ville. Avec ses romans doux-amers, contant le temps qui passe et les amours heureuses, il rencontre un joli succès d’estime en Allemagne et en Autriche.

Un bar ouvert à l'imprévu

"Léon et Louise" (Actes Sud) paru en 2011 lui permet d’acheter un bar. Pourquoi un bar? Parce qu’il ne se sent plus à sa place dans ceux des autres et veut le laisser ouvert à l’imprévu. Ici, pas de franchises mondialisées, pas de cafés aromatisés, du vrai, du pur. Chez lui, au Galicia Bar, juste sous la gare, il accueille toutes les générations dans un joyeux désordre. Tenancier épanoui, sorte d’ours bien léché et bonhomme, il observe ses clients entre deux cafés et deux bières. Il s’en va ensuite raconter toutes leurs histoires dans ses romans. En tous cas dans le dernier au nom fort approchant du réel: "Sevilla Bar" paru en allemand sous le titre "Das Leben ist gut". Un bref roman attentif et malicieux aux réflexions nostalgiques et heureuses.

Max et ses clients

Au Sevilla Bar, il y a Max et ses clients. Il y a une tête de toro au-dessus du bar. Celle de l’écumant Cubanito qui s’est bien battu dans l’arène il y a quelques années et y a laissé son oreille (et sa vie) sous l’épée du torero. Max a trois fils presque adultes, une épouse partie pour un temps en formation à Paris, des nostalgies d’un homme de 55 ans. Max est écrivain et sort, avec application, tous les matins, les reliquats de verres vides du bar qu’il apporte au tri. Puis, il allume la machine à café, nettoie, et observe les clients.

Le Sevilla Bar grouille d’anecdotes. Alex Capus nous les raconte avec la bonhomie qui le caractérise. Il a le regard doux et l’écriture en frisettes d’un homme qui trouve que la vie est belle. Le Sevilla Bar a des notes d’autobiographie romancée et pétillante.

Catherine Fattebert/mh

Alex Capus, "Au Sevilla Bar", roman traduit de l’allemand par Emanuel Güntzburger, Actes Sud, 2019.

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