Modifié le 17 janvier 2019 à 12:38

Zsuzsanna Gahse reçoit le Grand Prix suisse de littérature

Zsuzsanna Gahse.
Zsuzsanna Gahse. [DR]
L'écrivaine germanophone Zsuzsanna Gahse a été récompensée pour l’originalité d’une œuvre entre poésie et prose. Les Romandes Elisa Shua Dusapin et José-Flore Tappy reçoivent chacune l'un des Prix de littérature suisse 2019.

Née à Budapest en 1946, Zsuzsanna Gahse a fui la Hongrie avec sa famille en 1956 pour se réfugier à Vienne, puis à Cassel en Allemagne. Son premier roman, "Zero", écrit en allemand, est publié en 1983. Après avoir longtemps vécu à Stuttgart puis à Lucerne, Zsuzsanna Gahse vit à Müllheim (TG) depuis 1998.

Le jury situe l'œuvre de Zsuzsanna Gahse, qui comprend plus de quarante livres et d'innombrables publications, "entre la prose et la poésie". Le jury de la plus haute distinction littéraire helvétique a été convaincu par l'attention de l'auteur au langage et aux mots, par son observation fine des phénomènes sociaux mais aussi par la sonorité et les changements de rythme de son écriture ainsi que l’ironie et l’humour pas seulement ludique dont elle est empreinte.

Deux Romandes primées

Les lauréats des Prix suisses de littérature, récompensés pour un ouvrage paru au cours de l’année littéraire écoulée, ont aussi été désignés. Parmi eux figurent Elisa Shua Dusapin et José-Flore Tappy, seules représentantes de la littérature romande.

Après "Hiver à Sochko", un premier ouvrage déjà primé, l'auteure franco-suisse et coréenne Elisa Shua Dusapin a signé en 2018 "Les Billes du Pachinko" (Editions Zoé). Un roman dans lequel les personnages se heurtent aux contours flous d’un destin qu’ils ne maîtrisent pas. Comme ces billes des flippers japonais auxquels le titre de son livre fait référence.

>> A lire: Elisa Shua Dusapin: "Ecrire un deuxième roman n'a pas été simple"

De son côté, l'écrivaine et traductrice lausannoise José-Flore Tappy, lauréate du Prix Schiller en 2007, a publié "Trás-os-Montes" (La Dogana), un recueil de poésies qui parle d'une région reculée du Portugal où les tâches quotidiennes atteignent une dimension quasi épique.

Le prix spécial de médiation

Le Centre de traduction littéraire de Lausanne et le Collège de traducteurs Looren ont reçu conjointement le prix spécial de médiation qui récompense leur travail pionnier pour la promotion de la traduction littéraire.

>> A écouter: La réaction d'Irene Weber Henking, directrice du Centre de traduction littéraire de Lausanne

Irene Weber Henking
Anthony Anex - Keystone
Le Journal horaire - Publié le 17 janvier 2019

La remise des prix se tiendra le 14 février 2019 à la Bibliothèque nationale à Berne.

aq

Publié le 17 janvier 2019 à 12:25 - Modifié le 17 janvier 2019 à 12:38

Prix suisses de littérature

L’Office fédéral de la Culture remet chaque année les Prix suisses de littérature. Le Grand Prix suisse de littérature distingue un auteur pour l’ensemble de son œuvre. Une année sur deux est remis en alternance un Prix spécial de médiation, que se partagent cette année deux institutions, et un Prix spécial adressé à une traductrice ou un traducteur. A côté de ces distinctions, dotées de 40'000.-, des prix sont remis sur concours à des ouvrages parus au cours de l’année littéraire écoulée. Les lauréats reçoivent le montant de 25'000.- et bénéficient de mesures de soutien spécifiques afin de faire connaître l’ouvrage primé au niveau national. Des lectures sont notamment organisées dans toute la Suisse pour leur permettre d’atteindre leur public au-delà des frontières linguistiques.

Parmi les ouvrages inscrits au concours, le Jury fédéral de littérature a désigné les lauréats des Prix suisses de littérature pour les ouvrages suivants, parus en 2018:

- Elisa Shua Dusapin, "Les Billes du Pachinko", Zoé
- Alexandre Hmine, "La chiave nel latte", gabriele capelli editore
- Julia von Lucadou, "Die Hochhausspringerin", Hanser
- Anna Ruchat, "Gli anni di Nettuno sulla terra", Ibis
- Patrick Savolainen, "Farantheiner", Verlag die brotsuppe
- José-Flore Tappy, "Trás-os-Montes", La Dogana
- Christina Viragh, "Eine dieser Nächte", Dörlemann