Modifié le 02 juillet 2018 à 12:33

Le NIFFF cherche à élargir son public tout en préservant son identité

Pour sa 18é édition, le NIFFF cherche à toucher le public le plus large possible.
Le NIFF tente d’élargir son public tout en préservant son identité La Matinale / 2 min. / le 02 juillet 2018
Le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) innove pour sa 18e édition, qui se tiendra du 6 au 14 juillet, avec un volet touristique et populaire conçu pour sensibiliser les non-initiés au genre fantastique.

Comment attirer le plus de public possible tout en préservant son identité? La question taraude les festivals et événements culturels suisses, surtout ceux qui reçoivent un soutien fédéral.

C'est le cas du Festival International du film fantastique de Neuchâtel qui propose cette année plus de 70 activités gratuites pour concerner un maximum de spectateurs.

Open air gratuit

Concerner et attirer le plus possible, telle est l'ambition du label Invasion, qui proposera notamment des projections open air gratuites au coeur de la ville.

"On va passer une sélection de films axés sur la découverte, sur la qualité, mais aussi sur la diversité, comme des comédies ou des films spectaculaires, des thrillers", explique Anaïs Emery, directrice artistique du NIFFF. "Mais on n'a pas créé de nouvelle programmation, afin que cet open air bénéficie véritablement au festival. Notre défi est de proposer un événement capable d'accueillir ces différents publics."

Ce défi représente aussi un risque pour le festival, celui de perdre une certaine identité au nom du rassemblement populaire. Il s’agit là d’une conséquence du soutien obtenu par la Confédération. Sur la centaine de festivals de film en Suisse, huit reçoivent une aide fédérale, dont le NIFFF. Et cela suppose des aménagements.

La culture, ciment social

"Un festival soutenu doit présenter un intérêt national, ce qui est difficile à concilier avec une programmation de niche", souligne Olivier Moeschler, sociologue de la culture à l'Université de Lausanne. "Autrefois facteur de division sociale, la culture est aujourd'hui amenée à jouer un rôle d'intégration. En ce sens-là, le NIFFF est amené à se transformer en quelque chose de fédérateur, mais sans être trop consensuel non plus", soutient-il.

Une exigence que le NIFFF doit aussi remplir pour son public cinéphile. Les quelque 150 films projetés jusqu'au 14 juillet seront sous-titrés, une manière de répondre aux attentes de tous les spectateurs, dont les 30% d'Alémaniques que compte le festival.

Coraline Pauchard/kkub

Publié le 02 juillet 2018 à 10:53 - Modifié le 02 juillet 2018 à 12:33