Modifié le 08 février 2018

La série "Altered Carbon" ne tient pas toutes ses promesses

Altered Carbon
La loi des séries - Altered Carbon Réveil à 3 / 2 min. / le 06 février 2018
"Altered Carbon", la nouvelle série de science-fiction disponible sur la plateforme Netflix, en met plein la vue malgré un scénario brouillon et sans profondeur.

A l'origine, "Altered Carbon" (carbone modifié en français) est un polar cyberpunk de Richard Morgan. L'auteur anglais a obtenu en 2003 le prix Philip K. Dick qui récompense les meilleurs ouvrages de science-fiction pour ce roman.

Hollywood voulait l'adapter depuis plusieurs années, mais l'histoire était trop touffue pour un film. Et pour en faire une série, il fallait l'argent et le courage de Netflix: la science-fiction coûte cher et l'univers de Richard Morgan est interdit au moins de 16 ans en raison de la violence, souvent gratuite, et des scènes de sexe souvent violentes décrites dans son roman.

Une histoire d'immortalité

La série débute lorsque Takeshi Kovacs se réveille après 250 ans passés en suspension, autrement dit dans une prison d'un genre nouveau. Ce n'était, en effet, pas le corps de Takeshi Kovacs qui était enfermé, mais sa mémoire et sa conscience. Dans une pile appelée HD pour "humain digitalisé".

Par conséquent, lorsque la pile est réactivée et qu'il reprend connaissance, Takeshi n'est plus dans son corps d'origine, aux traits asiatiques, mais dans celui d'un ancien flic blanc joué par Joel Kinnaman, acteur américano-suédois qu'on a pu voir dans la série "The Killing".

Dans l'univers d'"Altered Carbon", les enveloppes corporelles peuvent être également synthétiques et les plus riches peuvent se payer des clones, s'ils affectionnent leur physique. Quant aux plus pauvres, au mieux ils se retrouvent avec des corps ratés, au pire, ils meurent pour de vrai.

>> A voir: La bande-annonce (en anglais)

Si on a fait sortir de suspension Takeshi Kovacs, ancien soldat d'élite devenu mercenaire, c'est pour qu'il enquête sur un meurtre. L'un des hommes les plus puissants de l'univers s'est fait assassiner, et ce dernier – qui n'est pas vraiment mort, puisqu'il a réinjecté sa pile dans son clone – aimerait savoir qui lui en veut. La réponse sera dévoilée au terme des dix épisodes (disponibles) de cette première saison.

Un visuel très réussi

Mais si on regarde "Alterd Carbon", ce n'est pas pour être étonné par son histoire, dont les rebondissements laissent parfois à désirer, mais surtout pour son visuel et pour le futur qu'elle décrit. Les décors glauques post-apocalyptiques des bas-fonds, et ceux, sublimes, des hauteurs où vivent les ultra-riches, sont très réussis.

Le look à la "Blade Runner", dont la série s'inspire, fait mouche. Comme les images de combats: que ce soit à mains nues, avec des sabres ou des flingues gadgets laser qui raviront les amateurs d'actions.

La série est violente et réservée à un public averti puisque – comme toute production opportuniste qui se respecte – elle offre de nombreuses scènes de sexe et de nudité, qui parfois s'avèrent inutiles.

Au final, on obtient une série distrayante, au plaisir instantané qui soulève des questions pertinentes, comme l'accession à l'immortalité. Malheureusement son scénario brouillon et son manque de profondeur ne lui permettront certainement pas d'atteindre des sommets. Si l'immortalité est un concept qui a de l'avenir, "Altered Carbon" ne restera pas dans les annales.

Crystel Di Marzo / aq

Publié le 08 février 2018 - Modifié le 08 février 2018