Modifié le 29 août 2017

Actrice très populaire depuis 60 ans, Mireille Darc est décédée à 79 ans

Cinéma: Mireille Darc est décédée à l'âge de 79 ans.
Mireille Darc est décédée à l'âge de 79 ans 19h30 / 2 min. / le 28 août 2017
L'actrice française Mireille Darc est décédée lundi à 79 ans, a confirmé sa famille à RTL. Compagne d'Alain Delon pendant quinze ans, elle a joué dans une cinquantaine de films dont "Le grand blond avec une chaussure noire".

Mireille Darc avait subi deux hémorragies cérébrales en septembre dernier et une troisième attaque dans la nuit du 28 au 29 septembre 2016 au cours de laquelle elle avait failli mourir, rappelle la radio française qui a annoncé son décès.

Celle qui fut la compagne d'Alain Delon pendant quinze ans avait connu une traversée du désert dans les années 80, après de graves ennuis de santé. Atteinte depuis l'enfance d'un souffle au coeur, elle subit en 1980 une opération à coeur ouvert, avant d'être de nouveau opérée en 2013.

L'actrice française de père suisse a toute sa vie échappée au pire sans jamais abandonner son sourire, une forme de légèreté, espiègle, joueuse, qui a marqué ses rôles sur grand écran.

Et quand on pense à Mireille Darc, on revoit immédiatement l’image mythique de l’espionne belle, blonde, à la taille de guêpe dans "Le grand blond avec une chaussure noire" d’Yves Robert. Nous sommes en 1972. Pierre Richard voit s’avancer devant lui la comédienne en robe noire magnifique. Elle se retourne et dévoile son dos nu, vertigineux.

Une scène iconique, tout simplement.

 

Icône des années 60 et 70

La carrière de Mireille Darc va très vite être dominée par sa collaboration avec Georges Lautner dans un cinéma fortement masculin.

Une carrière qui débute au théâtre et à la télévision avant de bifurquer au cinéma, au tournant des années 1950 et 1960. Elle tourne notamment avec Louis de Funès dans "Pouic Pouic", puis elle rencontre son réalisateur fétiche George Lautner, avec qui elle tournera 13 films.

Dans "Ne nous fâchons pas", "La valise", "Il était une fois un flic", elle se retrouve au milieu d’un cinéma de mecs et côtoie Lino Ventura, Michel Constantin, Jean Yanne, Bernard Blier. Souvent dans des rôles d’aguicheuses, de prostituées, de stripteaseuses ou de femmes fatales. Elle impose son charme, mais aussi sa force.

C’est elle qui tire les ficelles, qui fait ce qu’elle veut des hommes bourrus à qui elle donne la réplique. Mine de rien, elle les renvoie avec classe à leur lourdeur, à leur pesanteur.

Quand Brigitte [Bardot] interprétait des rôles à l'écran, c'était toujours une fille libre mais elle était entretenue, elle n'était jamais indépendante, jamais libre. Moi, j'avais envie de représenter une fille qui était libre, mais qui était responsable d'elle-même. C'est-à-dire qu'elle travaillait, qu'elle dépendait de personne. Ni d'une société, ni d'une homme, ni d'une morale, ni d'une religion.

Mireille Darc dans "Portrait d'une artiste", archive de la RTS (1970)

 

Mireille Darc, la fille de la bande

On la voit comme étant la copine mignonne qu’on traite comme un pote. Elle affirmait sa liberté de femme, comme on peut le voir dans "Galia", qu’elle tourne avec Lautner en 1966. Un film étonnant qui provoquera d’ailleurs un petit scandale à l'époque.

>> Extrait de l'émission "Portrait d'artiste" (1970):

Hommage à Mireille Darc
Culture - Publié le 28 août 2017

L’actrice restera fidèle à ce cinéma policier ou de comédies très populaires dans les années 60 et 70, période durant laquelle elle s’oriente vers ce cinéma au moment où déferle la Nouvelle Vague, Godard, Truffaut et les autres.

Elle restera fidèle à Geroges Lautner, Michel Audiard, Edouard Molinaro ou Yves Robert, en dehors d’une incursion dans le cinéma de Jean-Luc Godard. Elle fait savoir à son agent qu’elle a très envie de tourner avec le réalisateur du "Mépris", souhait exaucé en 1967 avec l’un de ses meilleurs rôles, aux côtés de Jean Yanne, dans "Week-end".

Le tournage lui laisse un souvenir peu mémorable et lui vaut les remontrances de George Lautner, très fâché de cette infidélité.

Une carrière à la télévision

Même si sa carrière au cinéma s’est achevée en 1986, sans doute pour ses problèmes de santé, elle a tourné quelques séries télévisées par la suite, dont "Les cœurs brûlés".

Elle s’est aussi consacrée à la réalisation: une série de reportages pour la télévision et un long-métrage de fiction, "La barbare", sorti en 1989 et adapté d’un roman de Katherine Pancol.

Mireille Darc est la seule comédienne, avec Annie Girardot, qui fut capable de dire avec autant de naturel les textes de Michel Audiard, un cinéma qu'elle a réussi à féminiser.

>> Revoir des images récentes de Mireille Darc:

Quelques images récentes de Mireille Darc
L'actu en vidéo - Publié le 28 août 2017

Rafael Wolf/jgal avec afp

Publié le 28 août 2017 - Modifié le 29 août 2017

Filmographie sélective

- "Les distractions" (Jacques Dupont, 1960)

- "Pouic-pouic" (Jean Girault, 1963)

- "Les durs à cuire" (Claude Pinoteau, 1963)

- "Les barbouzes" (Georges Lautner, 1964)

- "La chasse à l'homme" (Edouard Molinaro, 1964)

- "Galia" (Georges Lautner, 1965)

- "Du rififi à Paname" (Denys de la Patellière, 1965)

- "La grande sauterelle" (Georges Lautner, 1966)

- "La blonde de Pékin" (Nicolas Gessner, 1967)

- "Week-end" (Jean-Luc Godard, 1967)

- "Jeff" (Jean Herman, 1969)

- "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas... mais elle cause" (Michel Audiard, 1969)

- "Le grand blond avec une chaussure noire" (Yves Robert, 1972)

- "Les seins de glace" (Georges Lautner, 1974)

- "L'homme pressé" (Edouard Molinaro, 1977)

- "Réveillon chez Bob" (Denys Granier-Deferre, 1983)

- "La vie dissolue de Gérard Floque" (Gérard Lautner, 1986)

- "La barbare" (1989), comme réalisatrice