Modifié le 19 décembre 2016

"Horizontes", quelques pas de danse classique dans un Cuba au point mort

Horizontes - Horizons
Horizontes - Horizons [RTS]
Parler de Cuba à travers la danse classique, et le destin de trois ballerines de générations différentes, c'est le coup de maître de la réalisatrice genevoise Eileen Hofer dans "Horizontes", un film diffusé lundi par la RTS.

Des salles de répétition décaties à la scène du Ballet national de Cuba, où les spectacles n'ont pas changé depuis les années 1960, le film "Horizontes" (à revoir ci-dessus) suit les pas d'Amanda, l'adolescente déterminée, et de Viengsay, l'étoile de 35 ans qui se sait proche du déclin. Toutes deux se battent corps et âme pour être les meilleures.

Dans leurs pas et leurs espoirs résonne la destinée d'Alicia Alonso, la reine indétrônable de la danse classique cubaine qui, malgré ses 94 ans passés, et ses problèmes de vision, continue à diriger le Ballet national de Cuba qu'elle a fondé en 1948 d'une main de fer. A tel point que dans le film, cette proche de Fidel Castro en arrive presque à incarner à elle seule la dictature et ses absurdités.

Des corps en mouvement sur une île figée

Sans être un film politique, "Horizontes" raconte dans un langage poétique et sensoriel le destin d'une île dont l'horizon se limite au célèbre Malecón, la promenade de front de mer de La Havane.

Evitant également la musique racoleuse, trop souvent associée à Cuba, et mettant en scène des corps en mouvement avec subtilité, ici des gouttes de sueur, là des mains gracieuses, Eileen Hofer parvient à raconter le quotidien (difficile) de deux jeunes danseuses dont les rêves se heurtent à une réalité figée dans un autre temps.

>> Réécouter l'interview d'Eileen Hofer dans Vertigo:

Eileen Hofer, réalisatrice.
Vertigo - Publié le 13 octobre 2015
 

>> La chronique du film par Raphaële Bouchet:

Affiche du film "Horizontes".
Les matinales d'Espace 2 - Publié le 09 octobre 2015

Juliette Galeazzi

Publié le 19 décembre 2016 - Modifié le 19 décembre 2016