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Dans "Animale", Emma Benestan filme le sauvage en Camargue au plus près du taureau

Une image du film "Animale" de Emma Benestan. [NIFFF 2024]
Une image du film "Animale" de Emma Benestan. - [NIFFF 2024]
Sélectionné en compétition au NIFFF, Neuchâtel International Fantastic Film Festival qui se tient jusqu'au 13 juillet, le long métrage "Animale" d'Emma Benestan s'intéresse aux manades en Camargue et au destin d'une jeune femme dans un univers sauvage empreint de machisme.

Nejma (Oulaya Amamra), 22 ans, travaille dans une manade et s’entraîne afin de remporter la prochaine course camarguaise: une compétition sans mise à mort qui consiste à affronter un taureau dans l’arène pour lui retirer des attributs placés sur ses cornes.

Tandis que la jeune femme lutte pour tenir sa place dans cet environnement empreint de machisme, de mystérieuses morts, attribuées à une bête sauvage, éveillent les craintes de la population.

A la frontière du western et du cinéma de genre

Puisant dans les traditions qui ont marqué sa jeunesse, Emma Benestan livre, après la comédie romantique "Fragile" (2021), un film au propos émancipateur, situé à la frontière du western et du cinéma de genre. Présenté en clôture de la Semaine de la critique à Cannes avant d'être sélectionné en compétition au NIFFF, Neuchâtel International Fantastic Film Festival, "Animale" dépeint aussi le lien fort qui unit la réalisatrice franco-algérienne, née à Montpellier à la Camargue.

"J'ai grandi à 45 minutes de là-bas, j'y ai fait une résidence d'artiste et deux documentaires, ça fait donc une quinzaine d'années que j'y traînais mes pattes avant de tourner ce long métrage. C'est un endroit très proche de moi, qui fait partie de mon inconscient d'adolescente quand j'allais voir ces fêtes avec les taureaux", explique Emma Benestan dans l'émission Vertigo du 8 juillet.

"Un regard sur l'âpreté et le sauvage"

"Animale" s'inscrit dans la continuité thématique de deux courts métrages documentaires antérieurs d'Emma Benestan, l’un portant sur un apprenti manadier ("Facing the Beast", 2018) et l’autre sur une femme participant à des courses camarguaises ("Prends garde à toi", 2019).

Pour ce film, Emma Benestan a souhaité "construire un regard sur l'âpreté et le sauvage, où le taureau était comme un deuxième acteur avec lequel il fallait jouer".

Propos recueillis par Philippe Congiusti

Adaptation web: olhor

"Animale" de Emma Benestan, avec Oulaya Amamra, Elies-Morgan Admi-Bensellam, Damien Rebattel. En compétition au NIFFF, Neuchâtel International Fantastic Film Festival, et à voir au Rex de Neuchâtel le 13 juillet 2024 à 14h15.

Le NIFFF se tient jusquʹau 13 juillet 2024.

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