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Le documentaire "Indes galantes" retrace l'alliance entre baroque et hip-hop

Une image tirée du documentaire "Les Indes galantes" de Philippe Bléziat. [Les films Pelleas]
Sélection de sorties en salle / Brazil / 5 min. / le 11 septembre 2022
En 2019, l’opéra de Jean-Philippe Rameau "Les Indes galantes" était monté à Paris avec en vedette de jeunes danseurs et danseuses aux styles urbains. Un documentaire signé Philippe Bléziat, à voir actuellement sur les écrans, permet de découvrir ce travail de création.

La rencontre improbable entre un opéra de Rameau datant de 1735 et des danseurs et danseuses de hip-hop, de breakdance, de krump, de voguing ou encore de flexing, tel était le programme de l’opéra-ballet "Les Indes galantes" présenté à l'Opéra Bastille, à Paris, en 2019. Une rencontre qui s’est terminée par une ovation du public, tandis que la presse conservatrice, elle, se bouchait le nez.

Un projet ambitieux

Derrière cette rencontre, une commande de l’Opéra Bastille, qui proposait au metteur en scène Clément Cogitore de dépoussiérer l'opéra de Rameau. Pour y parvenir, il fait appel à la chorégraphe Bintou Dembélé, l’une des pionnières de la danse hip-hop en France.

Leur projet est ambitieux: obtenir une alchimie entre cultures urbaines, orchestre baroque et chanteurs lyriques. Un long travail filmé de la première répétition à la première représentation par le documentariste Philippe Béziat à voir en ce moment dans les salles romandes.

>> À regarder: la bande-annonce du documentaire "Indes galantes"

Une histoire remise au goût du jour

L’opéra se déroule en quatre tableaux, chacun contant une histoire différente entre la Turquie, le Pérou, la Perse et les Amériques. Toutes content des histoires d’amour. Ainsi, les bons "sauvages" et les Occidentaux arrogants de 1735 sont remplacés par des jeunes installés au-dessus d’un volcan, comme pour affirmer que la situation sociale en 2019 est explosive. "Je voudrais que ce spectacle raconte les tensions entre les corps et les groupes, pour aller petit à petit jusqu’à l’explosion", explique Clément Cogitore dans la bande-annonce du documentaire.

Dans une interview pour l’Opéra national de Paris, la chorégraphe Bintou Dembélé souligne quant à elle l’harmonie entre chant lyrique et danse urbaine: "Les danseurs et danseuses ont une manière d’incarner le geste à travers les voix des solistes qui a fait qu’une affinité s’est créée rapidement. Il était intéressant de voir le désir de rassemblement de chacun et chacune, de se déplacer et de dérégler tout le monde sur scène."

Sujet radio: Philippe Congiusti

Adaptation web: Myriam Semaani

"Indes galantes", à voir actuellement en Suisse romande

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