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Le film "Hive" dévoile le combat d'une femme pendant la guerre du Kosovo

Le film "Hive", coproduction helvétique de la réalisatrice Blerta Basholli. [Alva Film Production - DR]
Le film "Hive", coproduction helvétique de la réalisatrice Blerta Basholli. [Alva Film Production - DR]
"Hive", de la réalisatrice Blerta Basholi, est une coproduction suisso-albano-kosovare et macédonienne soutenue par la RTS. Tiré d'une histoire vraie, le film raconte le parcours d'une femme luttant contre les structures patriarcales de sa communauté pour s'en sortir après le décès de son mari.

"Hive" raconte l'histoire d'une femme qui doit lutter contre les structures patriarcales de son village, tout en gardant sa famille à flot dans une petite ferme depuis que son mari a disparu pendant la guerre du Kosovo. Le film a été diffusé en première mondiale lors de l'édition 2021 du festival américain de cinéma indépendant Sundance où il a décroché trois prix, dont celui du meilleur film dramatique étranger. "Hive", dont la RTS est coproductrice officielle, a par ailleurs été nominé aux Oscars 2022 dans la catégorie "International Feature Film".

Inspiré d'une histoire vraie, le film commence par une scène percutante: on découvre cette femme, Fahrije, interprétée par Yllka Gash, qui cherche son mari au milieu de corps qui viennent d'être déterrés. La veuve devient le pilier de sa famille et, pour s'en sortir, décide d'ouvrir son entreprise de production d'ajvar, condiment à base de piment.

>> A voir, la bande-annonce du film:

Un film sensible et touchant

Combative, l'héroïne, qui ne veut pas se cantonner au rôle de veuve, se heurte aux normes du patriarcat incarné de manière très concrète dans le film. Fahrije initie une vraie sororité en engageant des femmes pour travailler dans sa petite entreprise. Entre révolution et désespoir, l'héroïne essuie critiques et même jets de pierres sur le pare-brise de la part d'une communauté hostile à son désir d'émancipation.

Si le film "Hive" dévoile un sujet dur et touchant pour lequel l'empathie est forcément de mise. Pour la critique cinéma de la RTS Judith Beauvallet, la réalisatrice Blerta Basholi réussit tout de même le pari de l'émotion: "Au départ, je me suis dit: 'c'est un film qu'on va être obligé d'aimer', parce que c'est un sujet très touchant. [...] J'ai fini par être émue et emportée par le film parce que ce n'est pas du tout qu'un discours sur la sororité. Petit à petit, on la voit vraiment dans les actes, pas du tout par un discours formaté".

Quant à Robin Adet, iel estime que le film est "très sensible" et permet aussi de montrer la guerre d'une autre façon en dévoilant le destin, non pas de ceux partis au combat, mais de celles qui restent. Un beau portrait de femme, réalisé par une femme avec dans le rôle principal une actrice exceptionnelle.

ld

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