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"Scream", cinquième volet d'une célébration satirique du film d'horreur

Une image du film "Scream 5". [Paramount Pictures]
Débat cinéma / Vertigo / 21 min. / le 12 janvier 2022
Vingt-cinq ans après le premier film "Scream", qui a donné une nouvelle jeunesse au film d'épouvante avec un habile mélange de suspense et d'auto-dérision, sort un cinquième volet de la franchise avec encore Neve Campbell et Courteney Cox.

Comme dans l'original de 1996, les personnages de la nouvelle mouture passent une bonne partie de l'intrigue à débattre à voix haute des clichés dans les films d'horreur pour tenter de deviner qui sera la prochaine victime du tueur en série masqué: la fille? le personnage noir? la pucelle?

Ce faisant, ils se rendent compte que les meurtres commis dans leur si violente petite ville de Californie visent des gens liés aux tueurs de la version originale de "Scream".

Un des personnages explique même, avec beaucoup d'à-propos, pourquoi le public affectionne désormais tant les "requels", ces films qui revisitent une oeuvre à succès en prolongeant son histoire avec des personnages plus jeunes liés aux protagonistes d'origine.

>> A voir, la bande-annonce du film:

Hommage au réalisateur Wes Craven

"Il y a certaines règles à suivre si on veut survivre, vous pouvez me croire", ironise ainsi David Arquette, lui aussi de retour, en s'adressant aux jeunes qui l'entourent. "Scream" revient aussi sur les lieux du crime et les intrigues du premier épisode.

La scène d'ouverture est un clin d'oeil à celle de l'original qui, avant même le générique, orchestrait la mort sanglante d'une Drew Barrymore ayant eu la mauvaise idée de répondre au tueur qui l'appelait sur sa ligne fixe.

Mais dans la nouvelle version, l'adolescente est si étonnée de découvrir que la vieille ligne fixe de ses parents fonctionne qu'elle manque presque l'appel. "Placé au début du film, ça envoie au spectateur le message qu'on fait cette allusion délibérément, qu'on va avancer avec lui en connaissance de cause", relève l'un des réalisateurs, Matt Bettinelli-Olpin.

Les cinéastes ont voulu avec ce nouvel opus rendre hommage à Wes Craven, réalisateur des quatre premiers épisodes de "Scream" mort en 2015, mais le film ne pouvait pas être fondé que sur de la "nostalgie pure", relève Tyler Gillett, le second réalisateur.

Trop d'auto-références

Contrairement au premier du nom, sorti en pleine période de déclin du film d'horreur, le nouveau "Scream" "arrive dans la foulée de nombreux succès, plus artistiques et fouillés, comme les thrillers sociaux, et teintés de fantastiques de Jordan Peele. "Get Out" et "Us" sont d'ailleurs explicitement cités par les personnages de "Scream" en train de pontifier sur "l'horreur améliorée" ("elevated horror" en anglais).

Le nouveau "Scream" n'a pas changé la recette gagnante qui consiste à dissimuler jusqu'au bout l'identité du tueur derrière le célèbre masque de fantôme grimaçant.

Alors, réussi ou non ce cinquième volet? La critique cinéma Judith Beauvallet avoue dans le débat cinéma de l'émission "Vertigo" de la RTS "avoir passé un bon moment. "Le film fait l'affaire, même si il comporte pas mal de problèmes: la saga tourne en boucle, piétine sur ses thèmes et peine à renouveler son propos (...) Il y a tellement d'auto-références et de clins d'œil que ça finit par faire sortir le spectateur du film, hélas".

olhor avec afp

RTS Un diffuse le quatrième volet de "Scream" dans la nuit du 14 au 15 janvier à 1h50.

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