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Vodka, trains soviets et froid glacial au programme du "Compartiment N° 6"

"Compartment No6" de Juho Kuosmanen. [Sami Kuokkanen - Aamu Film Compagny]
"Compartment No6" de Juho Kuosmanen. [Sami Kuokkanen - Aamu Film Compagny]
Lauréat du Grand Prix du jury au festival de Cannes, le film du réalisateur finlandais Juho Kuosmanen "Compartiment N° 6" conte la rencontre de deux personnages diamétralement opposés dans un train en Russie. A voir en ce moment au cinéma.

Laura (Seidi Haarla), une jeune archéologue finlandaise, prend le train pour se rendre à Mourmansk, en Russie. Sa compagne et logeuse devait faire ce voyage avec elle, mais elle souhaite prendre ses distances. D’abord seule, elle rencontre dans son compartiment Ljoha (Yuriy Borisov), un mineur russe amateur de vodka et rustre au premier abord. Dans cet espace restreint, ils n’ont pas d’autre choix que celui de s’entendre.

Pour le scénario de son second film, le réalisateur Juho Kuosmanen s’est basé sur le roman de l’écrivaine finlandaise Rosa Liksom sorti en 2011. La formule semble marcher, car le film remporte en 2021 le Grand Prix du jury au Festival de Cannes.

Une comédie sur fond de road movie

Cette rencontre entre deux cultures opposées – occidentale et soviétique – donne lieu à de nombreuses blagues jouant sur les clichés nationaux. Parallèlement à cela, les protagonistes se cherchent dans un décor de paysages enneigés. La chanson de Desireless "Voyage Voyage", aussi populaire en Russie que chez nous, ponctue l’atmosphère de ce road movie sur fond de différences entre classes sociales.

>>À regarder: la bande-annonce du film "Compartiment N° 6"

Un film "où l’on se sent chez soi", mais qui "va sur des rails"

Du côté des critiques de la RTS, "Le film sent bon la vodka et les cornichons marinés, et puis ça va ailleurs, vers ce qu’on n’attend pas. La musique de Desireless ‘Voyage Voyage’ paraît un peu incongrue, mais lui donne un côté attachant" pour Rafael Wolf. En revanche, la deuxième moitié du long-métrage lui a semblé moins pertinente: "La rencontre entre ces deux personnages opposés pourrait provoquer autre chose qu’une rencontre amoureuse, mais le film va sur des rails, sans mauvais jeu de mot. J’aurais voulu que le l’histoire dérape un peu."

Vincent Adatte a quant à lui apprécié la fin du film où "les deux personnages retrouvent un esprit d’enfance, comme s’ils se riaient de ce qu’ils avaient voulu esquisser".

Selon Séverine Graff, historienne du cinéma, "on débarque complètement dans ce film […] Rien n’est familier dans cet univers, rien n’est expliqué. Pourtant on se sent chez soi. L’héroïne filme cette Russie du bout du monde avec un caméscope, on a donc l’impression d’être dans une forme de film de famille."

Propos recueillis par Claire Burgy

Avec les commentaires de Rafael Wolf/Vincent Adatte/Séverine Graff

Adaptation web: ms

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