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Jeune femme en quête d'elle-même dans le film "Julie (en 12 chapitres)"

Le réalisateur Joachim Trier au Festival du film de Deauville en 2021. [Sameer Al-Doumy - AFP]
Joachim Trier signe le formidable "Julie (en 12 chapitres)" / Vertigo / 7 min. / le 14 octobre 2021
En douze chapitres, le cinéaste Joachim Trier raconte la vie de Julie, quasi trentenaire, sans carrière professionnelle fixe ni relation stable. Et alors qu'elle se croit enfin posée avec Aksel, dessinateur à succès de 45 ans, une rencontre fortuite avec un autre homme remet tout en question.

Auteur du formidable "Oslo, 31 août", le cinéaste norvégien Joachim Trier dessine dans "Julie (en 12 chapitres)" le portrait d’une femme moderne et libre guidée par un souci permanent d’indépendance que les injonctions de la société bousculent.

A travers une mise en scène inspirée, il confronte son héroïne à des questions liées au couple, à la fidélité, à la maternité, à la famille, à l’ambition professionnelle, au féminisme.

"Dans tous mes films, j'ai exploré cette idée invraisemblable qu'on peut rencontrer quelqu'un au mauvais moment, que ce n'est pas la bonne personne (quand il le faut) et qu'au final une relation ne marche pas pour cette raison", a expliqué Joachim Trier lors de la présentation du film à Cannes.

Et de préciser à la RTS "que les grands thèmes du film sont plus universels et évoquent, avec un potentiel romantique et comique, comment Julie négocie ses rêves d'avenir face aux obstacles et limites de la réalité. ll y a aussi un potentiel existentiel lorsqu'on aborde l'évolution d'une relation amoureuse".

>>A voir, la bande-annonce du film "Julie (en 12 chapitres)":

Renate Reinsve, révélation sidérante

"J'ai adoré. C'est un film qui m'a touché et qui m'a ému très intimement", relève le critique cinéma Thomas Gerber dans l'émission "Vertigo". "Il y a quelque chose d'extrêmement troublant et de fascinant d'être face à un film qui saisit à la perfection des moments que vous avez vous-même vécus."

De son côté, le critique Rafael Wolf a également été conquis par ce film. Seul bémol selon lui: un cinéaste qui reste un peu prisonnier d’un scénario aux ressorts trop archétypaux et qui n’autorise pas Julie à déployer pleinement sa singularité.

Personnage principal, Julie est magistralement interprétée par la Norvégienne Renate Reinsve qui a décroché le prix d'interprétation féminine lors du dernier Festival de Cannes pour ce rôle. Révélation sidérante, l'actrice propose un jeu riche et subtil et porte sur ses épaules le film.

Point final d'une trilogie

Avec "Julie (en 12 chapitres)", le réalisateur referme une trilogie commencée, sans le savoir, il y a 15 ans avec son premier long métrage "Nouvelle Donne" (2006), qui avait exploré les affres d'un auteur débutant qui essaie de se reconstruire après un séjour à l'hôpital psychiatrique.

Dans "Oslo, 31 août", adaptation du roman "Le feu follet" de Pierre Drieu La Rochelle, sélectionné à Cannes dans la section "Un Certain Regard" en 2011, c'est un toxicomane en fin de cure qui échoue à retrouver une place dans la société.

Les trois oeuvres ont en commun d'avoir été tournées en norvégien, à Oslo, avec le même acteur - Anders Danielsen Lie - dans le premier rôle masculin et le sentiment d'exclusion comme thème lancinant. Comme si leurs personnages étaient frappés d'une sorte de malédiction, celle de rester à quai, incapables de connaître le bonheur dans une société qui, statistiquement, nage dedans.

aq avec agences

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