Modifié

Tourner un film en pleine pandémie, un défi sanitaire et un risque financier

Tournage d’une scène du film d'Ursula Meier au Bouveret (VS). [Nicolas Zen-Ruffinen  - DR]
Ici la Suisse - Tourner un film en plein Covid / La Matinale / 5 min. / le 23 février 2021
Alors que les cinémas sont toujours fermés, certains cinéastes ont relancé la production. Mais les conditions de travail sont très particulières, en pleine pandémie, et le risque financier est réel.

C'est le cas pour la cinéaste Ursula Meier, qui tourne actuellement un nouveau film, "La Ligne", au Bouveret (VS). Les mesures sanitaires sont drastiques, sur le plateau et autour.

Eviter à tout prix un arrêt du tournage

Tourner en pleine deuxième vague du nouveau coronavirus est un pari, avec un gros risque financier à la clé. Il faut à tout prix éviter le scénario du pire, l'arrêt du tournage, parce que les assurances ne rembourseraient rien du tout.

Les mesures sanitaires sont donc très strictes et elles ont un coût, estimé entre 3% et 10% du budget total. Il s'agit notamment d'acheter du matériel de protection comme des masques, mais aussi de louer des espaces plus grands pour assurer la distanciation.

Equipe spécifique pour les mesures sanitaires

"Tout le monde est masqué, tout le monde garde les distances. C'est un vrai enjeu de cette production en pleine crise sanitaire", explique le directeur de production mardi dans la séquence Ici la Suisse. "C’est beaucoup de préparation en amont, pour identifier les scènes qui pourraient poser problème. Cela passe par l'engagement d'une équipe spécifique", poursuit Nicolas Zen-Ruffinen.

Le protocole est particulièrement strict à la cantine, seul endroit où l'équipe ne porte pas de masque. Mais l'équipe du film semble bien consciente des enjeux sanitaires: tout le monde porte le masque et chacun porte son petit flacon de désinfectant, à son nom, accroché à sa veste. Les visites, elles, sont très cadrées et les journalistes sont acceptés au compte-gouttes.

"Le plaisir de tourner dépasse tout le reste"

"Je trouve qu'on a une chance inouïe de tourner, de pouvoir exercer notre métier", se réjouit l'actrice principale Stéphanie Blanchoud. "Au début, on se disait que ça allait être beaucoup de contraintes. Finalement, on a très vite intégré cette discipline, ces codes. Les gestes barrière de base, ne pas voir d'autres personnes que les gens du tournage en dehors des journées de tournage, cela implique comme une mini-quarantaine entre nous. Mais le plaisir de tourner dépasse tout le reste".

Il faudra ensuite des mois pour monter le film. La production table évidemment sur la réouverture des salles de cinéma d'ici là, pour faire vivre aussi le film avec un vrai public.

Julie Liardet/oang

Publié Modifié