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Panorama des guides touristiques emblématiques au cinéma

Le film "Les randonneurs" de Philippe Harel. [DR]
Journée mondiale du guide touristique / Brazil / 9 min. / le 21 février 2021
A l'occasion de la Journée mondiale des guides touristiques qui a eu lieu le 21 février, tour d'horizon des guides emblématiques de l'histoire du cinéma, de "Vacances romaines" aux "Randonneurs" via "Chroniques de Tchernobyl" ou "Into The Wild".

Le premier guide qui vient à l’esprit lorsqu'on évoque les guides ayant fait l'histoire du cinéma est le personnage d'Eric dans "Les randonneurs" (1996). Le cinéaste Philippe Harel convoque la génération montante pour une escapade corsée sur l'Île de Beauté: Géraldine Pailhas, Karin Viard, Vincent Elbaz. Ils s’embarquent sur les sentiers escarpés de Corse guidés par Benoît Poelvoorde.

Benoît Poelvoorde, guide suprême dans "Les randonneurs"

Bien sûr, cette randonnée est surtout un prétexte pour réaliser un film de groupe dans des paysages somptueux. Mais le tournage des "Randonneurs" a failli s’interrompre à peine entamé. Le comédien belge raconte dans le livre "Poelvoorde, l’inclassable" de Hugues Dayez que les dix premiers jours ont en effet viré à l’enfer car il n'arrêtait pas de s'engueuler avec le réalisateur français.

Depuis "C’est arrivé près de chez vous", le cinéma ne lui avait pas donné l’occasion de se confronter à un film choral. Et Harel exigeait surtout qu’il respecte le texte à la virgule et en garde sous la semelle. Impossible pour le Belge dont l’angoisse de jouer mou se traduisait en gesticulations inutiles au goût du cinéaste qui n’a heureusement pas lâché l’affaire.

Poelvoorde campe du coup un guide marié qui s’autorise quelques escapades avec des touristes de passage, un homme finalement plus fragile qu’il n’y paraît à priori. Un million et demi de personnes en France ont adhéré aux "Randonneurs", une raison suffisante, même si très mauvaise, d’offrir une suite totalement ratée hélas à Saint-Tropez dix ans plus tard.

>> A voir, la bande-annonce du film:

"Restons groupés"

Autre film dans la même veine, sorti la même année, "Restons groupés" de Jean-Paul Salomé s’inspire d’un fait divers pour traduire en comédie d’aventure le périple de ces Français en rade à l’autre bout du monde pour cause de faillite de leur agence de voyage. Dans cette comédie bien rythmée, ils tenteront donc de découvrir l’ouest américain sous la houlette d’un jeune mec certes débrouillard mais pas du tout préparé à affronter ce genre de situation.

"Safari"

Dans "Safari" d’Olivier Barroux, Kad Mérad campe un guide qui doit accompagner six touristes français à la découverte de l’Afrique du Sud au cours d’un safari. Sauf que ce guide en toc n'a pas mis les pieds dans la brousse depuis trente ans et a, en plus, peur des animaux et autres bêtes qui piquent.

"Le guide du voyageur galactique"

De drôles de bestioles, parfois menaçantes, on en croise aussi dans "Le guide du voyageur galactique". Extrapolation d’un feuilleton radiophonique à succès en Angleterre à la fin des années septante, ce film offre au rappeur Mos Def le rôle de Ford, le guide dans cette aventure interstellaire en forme de comédie de science-fiction très réussie.

"Vacances romaines"

Dans un autre registre, plus romantique, Gregory Peck et Audrey Hepburn ont tourné dans "Vacances romaines" (1953) de William Wyler où un journaliste va jouer durant une journée les guides à Rome auprès d’une princesse qui a fugué le protocole. Un film qui a obtenu trois Oscars sur dix nominations.

"Chroniques de Tchernobyl"

Pour les amateurs de films flippants plus que de romance impossible, il y a "Chroniques de Tchernobyl". Des touristes américains y optent pour le tourisme noir, des escapades secrètes et risquées mais authentiques. Ils s'offrent donc ici une escapade qui va s'avérer mortelle sur le site de la centrale nucléaire emmenés par un guide qui disparaît très rapidement. L’excursion vire au cauchemar.

>> A voir, la bande-annonce du film:

"7 jours à la Havane"

Plus lumineux, même si là encore le guide propose une visite qui n’a rien de conventionnel, le film à sketches "7 jours à la Havane" montre un touriste nord-américain qui découvre la Havane, la vraie, grâce à son chauffeur cubain.

"Paradis: Amour"

"Paradis: Amour" de Ulrich Siedl parle quant à lui de tourisme sexuel avec une quinquagénaire autrichienne qui se laisse guider par ses émotions et son envie de perdre pied entre les bras de jeunes hommes qu’elle paie pour prendre du bon temps.

"Into The Wild"

Autre type de dépaysement assuré avec "Into The Wild" de Sean Penn, un voyage à travers la solitude avec pour guide un type qui décide de s’extirper du monde et qui finira par mourir empoisonné malgré lui seul au bord d’une rivière, la faute à une mauvaise interprétation d’un guide sur les champignons.

"Las Vegas Parano"

Le délire de Terry Gilliam dans "Las Vegas Parano" en compagnie des guides Johnny Depp et Benicio Del Toro, assure lui plusieurs voyages dans les paradis artificiels. Ces deux allumés testent ici pour le spectateur mescaline, marijuana, poppers, cocaïne, LSD, acid, éther, buvard. Un voyage halluciné que partage en partie "Easy Rider" avec Denis Hopper et Peter Fonda, nos guides dans cette Amérique profonde de la fin des années 1960.

"Minuit à Paris"

Enfin, pour faire un peu de tourisme dans les années 1920, à Paris, on s’en remettra à Owen Wilson dans "Minuit à Paris" de Woody Allen, histoire d’un Américain dont le couple bat de l’aile et qui chaque nuit emprunte un drôle de taxi qui lui permet de remonter le temps et de faire la fête avec Dali, Picasso, Hemingway, Buñuel, Cole Porter, Joséphine Baker.

Philippe Congiusti/olhor

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