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"Frieden", la fresque historique suisse "instructive et captivante"

Le Prix de la Paix [RTS]
Débat-séries / Vertigo / 25 min. / le 6 novembre 2020
Série suisse en six épisodes, "Frieden" ("Le Prix de la paix") nous transporte dans la Suisse de 1945. Elle met en scène une famille d'entrepreneurs déchirée entre reconstruction industrielle, accueil des rescapés juifs et soif de justice à l'égard du régime nazi.

"Un homme riche se fera toujours des amis dans notre confédération. Qu'importe ce qu'il a fait", dit un des personnages. La série suisse en six épisodes de Micheal Schaerer, "Frieden" ("Le Prix de la paix") ne craint pas d'aborder frontalement les tabous culturels helvétiques. C'est une de ses nombreuses qualités.

>> A voir, la bande-annonce de "Frieden", en allemand:

Sur un scénario original de Petra Volpe, la réalisatrice de "L'Ordre divin", "Frieden" met en scène une famille d'entrepreneurs alémaniques, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. A cette période, tout appelle à prendre un nouveau départ, en particulier pour les jeunes. L'actrice Annina Walt incarne Klara Frey, une fille qui travaille dans un foyer d'accueil pour réfugiés qui ont survécu aux camps de concentration.

Episode 1 [RTS]Episode 1 [RTS]

Cette plongée en enfer vient ébranler ses convictions et provoque un conflit violent avec son époux Johann Leutenegger (Max Hubacher), à qui le père de Klara a confié les rênes de l'entreprise familiale. Son sens de la justice la lie à Egon Leutenegger (Dimitri Stapfer), son beau-frère, employé ambitieux de la Confédération qui s'emploie à mener devant la justice les Nazis qui se sont réfugiés en Suisse.

Ce que les critiques en pensent

"Cette série est une très bonne surprise", dit Anne-Laure Gannac, une des trois critiques de Vertigo. Elle aborde une période inédite avec une vision critique. "J'ai été impressionnée par la justesse historique et cette capacité à la faire vivre à travers les destins croisés d'une famille. C'est à la fois très prenant et très instructif même si je regrette une dimension mélo, un peu trop appuyée".

Avis partagé par Aimée Papageorgiou qui précise qu'au bout du troisième épisode cette dimension mélodramatique s'efface au profit d'un scénario qui s'enrichit, avec ses implications intimes mais aussi politiques et économiques.

Des situations décrites avec nuances, avec l'ambivalence nécessaire pour que l'on comprenne bien les différents points de vue.

La question de l'ordre et de la discipline y est largement interrogée. Pourquoi a-t-on obéi? On touche alors à des questions éthiques qui sont toujours les nôtres, notamment à l'approche de l'initiative sur les multinationales responsables.

Aimée Papageorgiou, critique à Vertigo.

Antoine Bal confirme l'opinion de ses deux consoeurs, même s'il n'admire par particulièrement la réalisation, un peu "trop prude". En revanche, il salue la crédibilité historique et l'audace assumée de retourner le couteau dans la plaie. "A chaque instant, on se pose la question: qu'est-ce que nous aurions fait nous, en pareille situation?"

Play Suisse, plateforme de streaming suisse

La série est visible les 10 et 17 novembre à 21h sur RTS Un et ici. Elle est diffusée en intégralité sur Play Suisse depuis le 7 novembre, la seule et unique plateforme de streaming offrant du contenu suisse, incluant des films, des séries, des documentaires dans les quatre langues nationales. La plateforme est gratuite pour les résidents suisses et un login personnalisé est nécessaire pour y accéder.

Propos recueillis par Laurence Froidevaux

Adaptation web: Marie-Claude Martin

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