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"Téhéran", une série d'espionnage au coeur du nucléaire iranien

Les sujets du jour du Trio [Salvatore di Nolfi / Keystone – Grasset – Apple]
Le Trio / Six heures - Neuf heures, le samedi / 23 min. / le 3 octobre 2020
"Téhéran" raconte une histoire de déracinement et de double identité. Cette production américaine écrite et réalisée par une équipe israélienne et qui se déroule dans la capitale iranienne contient bien plus d'universalité que n'importe quelle gesticulation géopolitique.

En partance de l'aéroport international Reine-Alia d'Amman, Jordanie, les passagers embarquent dans un avion à destination de l'Inde. Dans la série "Téhéran", le scénario se focalise sur deux couples: une femme en niqab accompagnée d'un homme dont on ne sait pas exactement ce qu'il représente pour elle, et deux touristes, un frère et une sœur de nationalité israélienne. Au milieu du vol, un des moteurs de l'avion péclote. En résulte un atterrissage forcé à Téhéran.

Aller simple en prison

Le frère et la soeur refusent de sortir de l'avion, persuadés d'être jeté en prison à peine un pied dehors à cause de leur nationalité, mais aussi parce que le frère est homosexuel. Le chef de cabine les contraint à sortir le temps des réparations. Leur instinct ne les a pas trompés, la police les attend pour les cueillir.

Pendant ce temps-là, la femme en niqab se rend aux toilettes où elle échange ses vêtements avec une hôtesse de l'air qui l'attendait. Au moment où elle ressort, elle est reconnue par l'Israélienne: elle était une de ses supérieures hiérarchiques au service militaire. L'épisode alerte les gardes qui accompagnent l'Israélienne, mais la nouvelle hôtesse de l'air a tout le temps de quitter l'aéroport et de se fondre dans la foule de Téhéran.

La panne était fausse, l'hôtesse de l'air une fausse stewardess et la femme en niqab une vraie espionne qui a pour mission de s'infiltrer dans une centrale électrique pour couper le courant, afin de rendre la défense aérienne iranienne momentanément inefficace et permettre à deux avions de chasse israéliens de venir lâcher des bombes sur un site nucléaire suspecté de fabriquer la bombe atomique. Mais rien ne va évidemment se dérouler comme prévu.

>> A voir, la bande-annonce de la série:

Une espionne dans la ville

Le point de vue des héroïnes qui guide le récit en fait tout l'intérêt. Tamar l'espionne, Israélienne née à Téhéran dont toute la famille a dû fuir l'Iran après la révolution islamique, raconte une histoire de déracinement et de double identité qui contient bien plus d'universalité que n'importe quelle gesticulation géopolitique.

Dans la peau d'une autre pour infiltrer la centrale éléctrique, Tamar se confronte au harcèlement sexuel, une situation intenable qui a poussée celle dont elle a pris l'identité à fuir son pays. Au cours de cette mission à Téhéran, Tamar retrouve sa tante, sa seule famille ayant choisi de rester en Iran. Tamar fait alors la connaissance de sa cousine, Razieh, une adolescente qui milite au sein d'un groupe de jeunes iranien·ne·s qui soutient les islamistes.

"Téhéran" est une production américaine et raconte une histoire conçue, écrite et réalisée par une équipe israélienne et qui se déroule dans la capitale iranienne. Si l'on aurait pu craindre un manichéisme de base, fleurant bon sa "guerre-froide-façon-James-Bond", la série s'avère beaucoup plus nuancée. Il semblerait même qu'à un certain moment, les motivations de Tamar à réaliser sa mission changent et ne soient plus dictées par les ordres qu'elle a reçus du Mossad.

Sujet radio: Pascal Bernheim

Adaptation web: ld

"Téhéran" à voir sur Apple TV+ (VF et VOSTFR), un épisode chaque jeudi jusqu'au 29 octobre 2020.

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