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La réouverture des salles de cinéma sous la loupe

Une salle de projection du Cinéma Odéon à Morges. [Laurent Gillieron - Keystone]
Réouverture des salles: comment et avec quels films? / Vertigo / 10 min. / le 2 juin 2020
Dès le samedi 6 juin, les salles de cinéma pourront rouvrir en Suisse. Le public sera-t-il au rendez-vous? Pour voir quels films et avec quelles mesures de sécurité? Deux exploitants genevois témoignent.

Si toutes les salles de cinéma de la Suisse romande ne rouvriront pas le 6 juin par souci de précaution, certains exploitants se réjouissent d'allumer enfin leurs projecteurs après presque trois mois d'interruption.

C'est le cas de Didier Zuchuat, exploitant du Ciné 17 et du Cinérama Empire à Genève. Pour faire face aux mesures sanitaires, il a mis en place un système de billetterie qui permet de libérer des sièges entre les spectateurs seuls, en couple, en famille ou en groupes déjà constitués. "Il n'y aura pas de contact avec des personnes inconnues ou ne vivant pas sous le même toit", assure ce gérant qui se réjouit de retrouver ses clients fidèles.

A l'entrée des deux salles qu'il exploite, en plus d'un système pour se désinfecter les mains, les accès aux caisses et aux bars, protégés par des plexiglas, ont été revus pour garantir une bonne distance entre les gens. De même, les flux de clients qui entrent et sortent des séances ne se croiseront pas.

Et même si la température des clients ne sera pas contrôlée, Didier Zuchuat confirme que, conformément aux recommandations édictées par les autorités, les cinémas se garderont le droit de refuser l'entrée à des personnes qui paraîtraient malades.

Peu de films sur le marché

Mais les salles de cinéma peuvent-elles survivre économiquement avec une capacité de spectateurs réduite à 50%? "La fréquentation des cinémas a toujours principalement résulté de la qualité des films projetés. Le problème, c'est qu'il y a peu de films sur le marché actuellement" analyse Didier Zurchat.

En France, les salles ne rouvrent en effet que le 22 juin et le premier blockbuster américain attendu, "Tenet" de Christopher Nolan, ne devrait sortir que le 22 juillet. L'exploitant reste confiant. "Sauf cas exceptionnel, les cinémas sont de toute façon rarement pleins durant plusieurs séances d'affilée. Mais il ne faudrait pas que cette situation se prolonge au-delà du raisonnable. Et surtout il ne faudrait pas devoir refermer".

Dans ces deux salles, que des inédits, notamment "Emma", une adaptation d'un roman de Jane Austen ou encore "The Report", une enquête sur les tortures qui ont eu lieu à Guantanamo seront projetés dans les semaines à venir. Mais, on pourra aussi apprécier une version restaurée de "Shining" et cinq classiques de Clint Eastwood remastérisés.

Retrouver le plaisir du cinéma

Du côté des multiplexes, Nicolas Cumin, directeur des 13 salles de Pathé Balexert à Genève, explique que les billets ne seront vendus qu'en ligne afin de pouvoir prendre les coordonnées des spectateurs comme l'ordonnent les autorités. Là aussi, le gérant garantit que des sièges vides sépareront les spectateurs. De plus, "toutes les séances partiront avec au moins 20 minutes de décalage" afin d'éviter que des flux de gens ne se croisent. "On perd beaucoup de séances et de places par rapport à la capacité des lieux, mais au moins, la sécurité de chacun est garantie" estime le directeur de Balexert.

Le but aujourd'hui, c'est d'accueillir les gens sans qu'ils sentent toute cette pression. Que l'on passe un bon moment de loisir et de cinéma.

Nicolas Cumin, directeur de Pathé Balexert à Genève

Le multiplexe genevois programmera des films qui sont sortis juste au moment du confinement, comme "La Bonne épouse" avec Juliette Binoche et Yolande Moreau. D'autre part, on pourra voir des classiques comme "Spartacus", "Les Oiseaux" ou encore des Disney.

Nicolas Cumin a bon espoir que le public répondra présent. "On ne sait pas comment vont réagir les gens, mais selon un sondage assez récent, aller au cinéma est un des loisirs que les gens attendent le plus de pouvoir faire après le confinement".

Reportage radio: Rafael Wolf

Adapation web: Andréanne Quartie-la-Tente

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