Modifié le 27 février 2020 à 16:05

Un documentaire rend hommage au fabuleux destin du Dr. Ruth

Ruth Westheimer, connue sous le nom du Dr. Ruth".
"Les secrets du Docteur Ruth", un documentaire sur la pionnière américaine en matière d'éducation sexuelle La Matinale / 3 min. / le 26 février 2020
La sexothérapeute la plus célèbre du monde se met à nu dans le documentaire qui lui est consacré "Les secrets du Dr. Ruth"". A bientôt 92 ans, elle n'a rien perdu de sa verve, de son humour, de son enthousiasme et de son engagement.

Elle est à la sexualité des Américains ce que Betty Bossi est à la cuisine pour les Suisses! A bientôt 92 ans, le Dr Ruth revient sur son parcours dans un documentaire très attachant, qui rend hommage à son énergie, son ouverture d'esprit et son humour malicieux, "héritage du Talmud" comme elle le dit. "Les secrets du Dr. Ruth" ("Ask Dr. Ruth") est à voir actuellement sur les écrans romands.

Née Karola Ruth Siegel, elle est la fille unique de juifs orthodoxes tués pendant l'Holocauste. Rescapée des camps nazis, elle passe son enfance en Suisse, dans le canton d'Appenzell, mais regrette de ne pouvoir y faire d'études, le lycée étant réservé aux garçons.

Après une formation de tireuse d'élite dans ce qui deviendra l'armée du futur Etat d'Israël et avoir été blessée par un tir de mortier, elle s'installe en France, où elle étudie la psychologie à la Sorbonne. En 1956, elle s'envole pour les Etats-Unis et y complète sa formation par une maîtrise en sociologie. 

La cinquantaine flamboyante

La carrière du Docteur Ruth ne commence qu'en 1980. Elle a déjà 52 ans, trois mariages et deux enfants. A ses débuts, elle distille ses conseils à la radio le dimanche à minuit, quand le taux d'écoute est le plus faible. D'abord 15 minutes, puis une heure. Très vite son émission fait une telle audience qu'elle dépasse celle des Matinales en semaine. C'est alors l'emballement médiatique. Toutes les télévisions et les journaux se l'arrachent! Plus de 500 émissions à son actif, une quarantaine d'ouvrages et des chroniques publiées dans les colonnes du New York Times mais aussi, en Suisse, dans le Blick, le Matin et Femina.

Lors d'un "Face à la presse", en 1994, sur la TSR, le Dr. Ruth justifiait son succès ainsi: "J'ai un accent dans toutes les langues, ce qui permet de m'identifier tout de suite. Je suis petite (140 cm), d'un certain âge - que je n'ai jamais caché -, je ne viens pas à la télévision avec des décolletés plongeants et ne fais pas semblant d'être ce que je ne suis pas".

>> A regarder, le Dr. Ruth qui répond à quatre journalistes romands:

Dr Ruth en 1994
Face à la presse - Publié le 02 mars 2020
 

Si ses textes peuvent faire sourire aujourd'hui, ils ont pourtant révolutionné le rapport du public à la sexualité. Le Dr Ruth a libéré la parole des Américains. Au début des années 80, le simple fait de poser des questions d'ordre sexuel était encore très choquant!

Mais surtout, elle fut la première à nommer et expliquer les choses sexuelles avec le plus grand des naturels.

J'ai eu ce courage de dire tout haut des mots comme orgasme, fellation, clitoris que personne n'osait publiquement prononcer. Je n'ai pas réalisé l'impact que cela pouvait avoir, surtout à la télévision, mais je suis très heureuse de ça!

Docteur Ruth au micro de la RTS

Elle a aussi été la première à parler du plaisir féminin, alors totalement ignoré dans la société, et à sortir l'homosexualité de la honte, en en faisant une sexualité comme une autre. Il fallait du cran alors que le SIDA faisait des ravages.

Celle qui est devenue une légende du sexe continue à écrire et à donner des conférences pour faire avancer les connaissances en matière de santé sexuelle. "Ma préoccupation première a toujours été l'éducation" dit-elle.

Récemment, elle a décidé de donner un tournant plus politique à sa carrière en épinglant le gouvernement américain pour son soutien aux groupes anti-avortement et pour le manque de budget alloué au planning familial.

Sujet radio: Sophie Iselin

Réalisation web: Marie-Claude Martin

Publié le 27 février 2020 à 08:57 - Modifié le 27 février 2020 à 16:05