Modifié le 26 février 2020 à 09:25

Longue standing ovation pour un film romand au Festival de Berlin

Véronique Reymond et Stéphanie Chuat le 24 février 2020 lors de la 70e Berlinale.
Deux Suissesses à la Berlinale Vertigo / 7 min. / le 24 février 2020
Présenté lundi à la Berlinale, "Schwesterlein" des Lausannoises Véronique Reymond et Stéphanie Chuat, en lice pour l’Ours d’or, a été tourné entre Berlin, Lausanne et Leysin. Il raconte l'histoire de jumeaux adultes dont l'un est atteint de leucémie.

Lundi soir, le public de la 70e Berlinale a découvert et longuement applaudi le film "Schwesterlein" ("Petite sœur" en français) des Lausannoises Véronique Reymond et Stéphanie Chuat,.

C’est un événement pour le cinéma suisse, qui n’avait plus concouru en compétition officielle à Berlin depuis 2012 et "L’Enfant d’en haut", d’Ursula Meier. En lice pour l’Ours d’or, "Schwesterlein", troisième long-métrage de Véronique Reymond et Stéphanie Chuat, se déroule entre Berlin, Leysin et Lausanne. Il raconte l’histoire douce et émouvante d’un frère et d’une sœur jumeaux dont l’un est atteint d’un cancer.

>> A voir, la bande-annonce du film:

Tourné en allemand

Deux stars allemandes du théâtre et du cinéma, Nina Hoss et Lars Eidinger, tiennent les rôles principaux. Le film a été tourné quasi entièrement en allemand: "on dirigeait les acteurs en anglais, dit Véronique Reymond, mais de toute façon l’alchimie ne passe pas par la langue". Une Marthe Keller à contre-emploi, drôle, malicieuse, cruelle. Les Vaudoises ont su relever bien des défis.

"Nous n'avons pas eu des mois de repérages. A la dernière minute, on a même perdu un décor à Berlin. Mais c’est ça, la magie du cinéma: devoir renoncer à un décor, mais trouver une meilleure solution. Ce qu’on voit de Berlin, c’est plutôt le monde du théâtre et la mythique Schaubühne", explique Stéphanie Chuat. Car le personnage de Nina Hoss joue le rôle d’une dramaturge et son frère celui d'un acteur de la Schaubühne dirigé par le célèbre metteur en scène Thomas Ostermeier (dans son propre rôle).

"Entre les montagnes enneigées, les rues de Lausanne et celles de Berlin, ce qui fait l’uniformité, c’est l’image", reprend Stéphanie Chuat. Image qu’elles ont voulue "très vivante, haletante, qui raconte en permanence l’intériorité et l’intranquillité des personnages".

>> A voir: "Petite soeur" de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond est en compétition à la Berlinale

"Petite Soeur" de Stéphanie Chuat et Véronique Reymond est en compétition à la Berlinale.
19h30 - Publié le 25 février 2020

L'émancipation et la fin de vie

Après "La Petite Chambre", avec Michel Bouquet, et le documentaire "Les Dames", grand succès en salle l’an dernier, les deux cinéastes ne s’éloignent que peu des thématiques qui émaillaient leurs deux précédents films, l’émancipation et le crépuscule de la vie. "Mais c’est peut-être notre film le plus personnel, puisqu’on a une amitié qui dure depuis plusieurs décennies. C’est un peu nous, ces jumeaux, en fait."

A l’issue de la première mondiale hier, le public a très longuement applaudi. Une partie de la salle était debout, et les acteurs en pleurs. Dimanche, le jury présidé par Jeremy Irons décernera son palmarès. Prix d’interprétation pour Nina Hoss, un Ours pour le film? Stéphanie Chuat et Véronique Reymond savourent le moment présent. "Véronique a perdu son père pendant l’écriture de ce film. Moi, j’ai perdu ma mère, que j’ai accompagnée dans la maladie. Alors je ne ferai aucun pronostic. Je laisse les autres le faire à ma place. Moi, je vais vivre tout ça à fond".

Raphaële Bouchet/mh

Publié le 25 février 2020 à 15:49 - Modifié le 26 février 2020 à 09:25