Modifié le 14 février 2020 à 07:47

Un vent de révolte continue de souffler sur les César en France

La statuette du prix des César du cinéma.
En vue des Césars, des appels au boycott de Roman Polanski et à une réforme de l'Académie Le 12h30 / 1 min. / le 13 février 2020
Après une tribune libre dénonçant l'opacité et le manque de démocratie au sein de l'Académie des César, plusieurs organisations féministes appellent à dire non à la célébration du cinéaste Roman Polanski, un violeur à leurs yeux.

Le réalisateur du film "J'accuse" est le plus nominé aux César, avec 12 citations: 12, comme le nombre de femmes qui l'accusent de viols pédocriminels, précisent les féministes qui ont demandé aux votants de ne pas donner leur voix au film de Polanski. Elles appellent également à un rassemblement le soir du 28 février devant la salle Pleyel à Paris, où aura lieu la cérémonie.

Dans une lettre ouverte aux professionnels du cinéma votant pour les Césars, et publiée mardi soir par le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, elles écrivent encore: "Célébrer un agresseur comme Polanski, c'est soutenir le système d'impunité des violences masculines, et museler la parole des victimes."

Une tribune des acteurs du cinéma crée la polémique

Ce boycott s'ajoute à une autre polémique née lundi soir par le biais d'une tribune dans Le Monde des acteurs français Omar Sy, Bertrand Tavernier, Michel Hazanavicius, Jacques Audiard, Céline Sciamma, Marina Foïs et Agnès Jaoui entre autres, qui ont réclamé une "réforme en profondeur" de l'Académie des César, rassemblant 4700 professionnels du cinéma.

Leurs reproches principaux sont des "dysfonctionnements", une "opacité des comptes" ou des statuts qui "n'ont pas évolué depuis très longtemps" et reposent encore et toujours sur "la cooptation".

Ils se plaignent aussi que les membres de l'Académie des César n'aient "aucune voix au chapitre, ni dans les fonctionnements" ,"ni dans le déroulé de la cérémonie".

Prenant acte de ces critiques, le conseil d'administration de l'Académie des César a indiqué mardi qu'il allait saisir le Centre national du cinéma (CNC) "afin de nommer un médiateur en charge d'une profonde réforme des statuts et de la gouvernance de l'Académie".

afp/og

Publié le 13 février 2020 à 15:57 - Modifié le 14 février 2020 à 07:47

Premiers signes de la crise mi-janvier

Les premiers signes de la crise étaient apparus mi-janvier pour l'oscar du meilleur espoir. L'Académie a refusé deux marraines pour des espoirs, la romancière Virginie Despentes et la réalisatrice Claire Denis qui expliquent qu'il y a eu des agissement opaques et discriminatoire de la part de l'académie. Elle avait alors présenté ses excuses puis promis que une modernisation était essentielle.

Le conseil d'administration de l'Académie des César a indiqué mardi qu'il allait nommer un médiateur en charge d'une profonde réforme des statuts et de la gouvernance de l'Académie.