Modifié le 13 janvier 2020 à 11:55

Les films que vous recommande RTS Culture

Awkwafina et Zhao Shuzhen dans "L'Adieu".
Awkwafina et Zhao Shuzhen dans "L'Adieu". [DCM]
Un polar, une chronique familiale, un film d'action et un essai politico-poétique, tels sont les choix de RTS Culture pour vous inviter à aller au cinéma ce week-end.

"Seules les bêtes": si vous aimez les polars à la mécanique implacable

Une femme disparaît en pleine tempête de neige. Est-elle morte? Qui était-elle? Qui l'a tuée? Comment et pourquoi? Adaptation du roman de Colin Niel, "Seules les bêtes" est construit comme un puzzle, dont chaque pièce est constituée du point de vue d'un personnage qui a été en lien avec la disparue.

D'Afrique aux montagnes de la Lozère, du paysan taiseux à la serveuse de café, de la bourgeoise égoïste à l'arnaqueur sympathique, "Seules les bêtes" déploie une mécanique de précision qui maintient le suspense jusqu'à sa résolution finale, décontenançante mais parfaitement logique.

>> Lire notre critique: Cinéma: "Seules les bêtes", un polar polaire et torride

>> A voir: la bande-annonce de "Seules les bêtes"

Les filles du Docteur March: pour son casting formidable

Une construction sophistiquée faite de flash-backs gigognes pour une lecture à la fois fidèle et contemporaine, tendre et radicale, du célèbre roman de Louisa May Alcott, "Little Women". Sur ce grand récit d'émancipation, la réalisatrice, scénariste et actrice américaine Greta Gerwig ose les sentiments, l'allégresse comme la tristesse, avec subtilité. On rit, on pleure, on danse. Un film qui raconte la joie d'être femme.

En bonus: un casting surprenant et exceptionnel (Emma Watson, Laura Dern, Timothée Chalamet, Louis Garrel et Meryl Streep), dominé par une Saoirse Ronan, dans le rôle de Jo, absolument éblouissante en apprentie écrivaine, farouche et responsable. 

"It Must Be Heaven": pour savourer une vraie comédie politique

Avec son dernier long-métrage, quasi muet, le réalisateur palestinien Elia Suleiman signe l'un des plus beaux appels à la résistance et à la liberté de pensée. Cette chronique burlesque sur le thème de l'exil, qui fait un peu penser à du Tati, a reçu le Prix Spécial du Jury à Cannes.

Le titre du film, "It Must Be Heaven", fait référence à la recherche du paradis sur terre et d'une terre d'asile idéale qui bien sûr n'existe pas, pas plus à New York qu'à Paris, où vit actuellement le cinéaste. La scène d'ouverture est magistrale tandis que le reste est d'une subtilité aussi tendre qu'acidulée.

>> Lire l'interview de Elia Seleiman: "It Must Be Heaven", un film drôlement désespéré et désespérément drôle

>> A voir: la bande-annonce de "It Must Be Heaven"

"Farewell": pour se faire balader d'une culture à l'autre

Billi, qui a quitté la Chine à six ans pour les Etats-Unis, apprend que sa grand-mère paternelle, à laquelle elle est très attachée, est atteinte d'un cancer en phase finale. La famille décide alors d'improviser le mariage d'un des petits-fils pour se réunir autour d'elle, mais en lui cachant la vérité sur sa mort imminente.

>> A voir: la bande-annonce de "The Farewell"

 

La réalisatrice sino-américaine Lulu Wang - qui s'est inspirée de sa propre histoire - met en relief les différences de culture, principalement l'individualisme américain contre l'esprit de groupe chinois, sur des thèmes universels: la mort, la maladie, la transmission, le deuil. Film accablant? Pas du tout! Malgré un synopsis qui le pousse vers le mélodrame, le film bascule plutôt du côté de la comédie. Sans choisir entre la raison occidentale et l'esprit asiatique, Lulu Wang propose un film à la mélancolie enjouée qui, à défaut d'émouvoir, nous invite à sourire et à observer sans juger.

La rappeuse Awkwafina a reçu un Golden Globe pour son interprétation, le premier attribué à une actrice asiatique. Prix amplement mérité.

>> Lire notre critique: "The Farewell", une comédie sino-américaine sur le choc des cultures

"Manhattan Lockdown": si vous aimez les courses contre la montre

Après le meurtre de sept policiers lors d'un cambriolage, le FBI, certain que les coupables sont encore à Manhattan, ferme les 21 ponts qui pourraient les faire sortir de l'île. L'inspecteur Davis (Chadwick Boseman, "Black Panther") suit leur piste, épaulé par une agente de la brigade des stups (Sienna Miller). Au fil de la nuit, on comprend qu'une machination à grande échelle se trame.

>> A voir: la bande-annonce du film "Manhattan Lockdown"

Un petit polar nocturne et urbain qui sans être original se laisse voir avec plaisir. D'abord parce que l'essentiel de la distribution est afro-américain, ensuite parce que l'île de Manhattan est bien filmée, enfin parce que même si on se doute de la fin, le film produit une jolie montée d'adrénaline. Que celles et ceux que les coups de revolver indisposent s'abstiennent!

RTSCulture/mcm

 

A consulter également: notre sélection de la semaine précédente: Les films à voir pendant les fêtes et un peu après

Publié le 10 janvier 2020 à 15:52 - Modifié le 13 janvier 2020 à 11:55