Modifié le 27 novembre 2019 à 09:19

"Euphoria", série trash sur une génération Z désabusée

Euphoria
Euphoria [RTS]
La série HBO, créée par Sam Levinson et produite par Drake, dresse le portrait sans concession d'une jeunesse en quête d'identité dans un monde ultra-connecté et hypersexualisé. A découvrir actuellement sur la RTS, avec le logo rouge.

Fraîchement sortie de désintox, Rue Bennett (interprétée par Zendaya, ancienne star de Disney Channel), 17 ans, cherche à donner un sens à son existence. Le jour de la rentrée, elle rencontre Jules Vaughn (Hunter Schafer), une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents.

Dans leur sillage gravitent Nate, un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels; Maddy, l'ex de Nate qui fait tout pour le rendre jaloux; Chris, star de l'équipe de football qui peine à suivre les cours; Cassie, dont les photos dénudées ont fait le tour du lycée; Lexi, jeune sœur de Cassie et amie d'enfance de Rue, et Kat, en pleine exploration de sa sexualité.

Série personnelle et thérapeutique

"Euphoria" est librement adaptée d'une mini-série israélienne éponyme datant de 2012. Amour, amitié, sexe, drogue, violence, dépression, anxiété et réseaux sociaux: toutes les problématiques adolescentes y sont abordées sans fard et sans condescendance, de façon volontairement brutale et provocatrice.

>> A voir, la bande annonce de la série "Euphoria":

 

Le scénariste Sam Levinson, souffrant d'anxiété et lui-même victime d'addiction durant son adolescence, s'est grandement inspiré de son vécu pour donner corps au personnage de Rue. Son objectif était de créer de l'empathie pour cette génération chez les générations précédentes, a-t-il déclaré dans une interview sur le site de HBO.

L'espoir malgré tout?

Les thèmes de la série ont profondément influencé la réalisation. Au travers de la mise en scène, des gros plans et des jeux de lumière, "Euphoria" veut montrer et faire ressentir au spectateur la dépression et l'anxiété de l'héroïne, quitte à devenir elle-même anxiogène. Le langage cru et la surenchère des scènes de sexe et de violence la rendent souvent difficile à regarder et sont adressés à un public averti.

Dans ce chaos ambiant, la série montre tout de même de fugaces moments de lumière et d'espoir, auxquels les personnages (et le public) se raccrochent. Devant la vision du monde proposée par "Euphoria", on ne peut s'empêcher de se demander: où est la frontière entre fiction et réalité?

Une deuxième saison est d'ores et déjà prévue pour 2020.

Sylvie Ravussin/ld

"Euphoria", saison 1 inédite, diffusée en bicanal à partir du 25 novembre 2019 sur RTS Un, à revoir en version originale sous-titrée et en version française durant 7 jours sur Play RTS (avec logo rouge).

Publié le 27 novembre 2019 à 08:30 - Modifié le 27 novembre 2019 à 09:19