Modifié le 09 novembre 2019 à 14:56

Une Française accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse

Roman Polanski à Zurich, en octobre 2017.
Une Française accuse Roman Polanski de l'avoir violée à Gstaad en 1975 Le Journal horaire / 1 min. / le 09 novembre 2019
Une Française a accusé vendredi Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse alors qu'elle avait dix-huit ans, dans un témoignage publié par le journal Le Parisien. Le cinéaste est toujours sous le coup de poursuites de la justice américaine.

Valentine Monnier, aujourd'hui photographe, indique ne pas avoir déposé plainte pour ces faits, désormais prescrits.

Mais elle affirme avoir décidé de porter publiquement cette accusation en raison de la sortie en France du film "J'accuse", qui porte sur une erreur judiciaire, l'affaire Dreyfus. Un film qui a séduit la Mostra de Venise, mais aussi irrité ceux qui regrettent le parallèle avec ce scandale historique établi par le réalisateur, qui s'estime lui aussi "persécuté".

Chalet à Gstaad

"Je n'avais aucun lien avec lui, ni personnel, ni professionnel et le connaissais à peine", raconte Valentine Monnier.

"Ce fut d'une extrême violence, après une descente de ski, dans son chalet, à Gstaad. Il me frappa, roua de coups jusqu'à ma reddition puis me viola en me faisant subir toutes les vicissitudes", déclare-t-elle au Parisien. 

L'avocat du cinéaste, Hervé Temime, affirme au Parisien que Roman Polanski "conteste fermement toute accusation de viol" et observe que ces faits allégués datant d'il y a 45 ans "n'ont jamais été portés à la connaissance de l'autorité judiciaire".

Toujours poursuivi

Roman Polanski est toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre de la procédure pour détournement de mineure lancée à son encontre en 1977.

Il avait plaidé coupable en 1977 de détournement de mineure après avoir eu des relations sexuelles illégales avec Samantha Geimer, âgée de 13 ans. Ce seul chef d'accusation retenu était le résultat d'un accord à l'amiable avec le juge, après que Polanski eut été inculpé initialement de chefs d'accusation plus graves, notamment viol d'une mineure sous l'emprise de stupéfiants.

Condamné à 90 jours de prison, il avait été libéré après 42 jours. Mais le juge avait fait volte-face, estimant la sentence insuffisante. Polanski avait choisi de s'envoler pour la France. Il est depuis sous le coup d'un mandat d'arrêt.

Multiples accusations

Il a depuis été visé par d'autres accusations. En plein festival de Cannes en 2010, l'actrice britannique Charlotte Lewis avait accusé le réalisateur de l'avoir "abusée sexuellement" à 16 ans lors d'un casting en 1983.

Une deuxième femme, identifiée comme "Robin", l'a accusé en août 2017 d'agression sexuelle lorsqu'elle avait 16 ans, en 1973. En septembre 2017, Renate Langer, une ancienne actrice, déposait une nouvelle plainte pour viol, affirmant avoir été agressée en 1972 à Gstaad alors qu'elle avait 15 ans. Deux mois plus tard, la justice suisse déclarait ces accusations prescrites.

Les accusations de ces trois femmes sont "sans fondement", avait déclaré l'avocat de Polanski.

ats/pym

Publié le 09 novembre 2019 à 03:55 - Modifié le 09 novembre 2019 à 14:56

L'actrice Adèle Haenel appelle à "soutenir" la dénonciatrice

L'actrice Adèle Haenel, qui a dénoncé il y a quelques jours des "attouchements" subis quand elle était adolescente, a appelé samedi à "soutenir" la Française Valentine Monnier, qui accuse le réalisateur Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 alors qu'elle avait dix-huit ans.

La "prise de conscience" évoquée par de nombreuses personnes depuis le témoignage d'Adèle Haenel "nous engage aujourd'hui à accueillir la parole de Valentine Monnier, à la soutenir, à prendre soin de son histoire", estime la comédienne dans un message transmis au Parisien et à Médiapart, et publié dans son intégralité sur Twitter par la journaliste de Médiapart Marine Turchi.