Publié le 09 octobre 2019 à 22:52

Un film plonge dans le quotidien de Noirs en situation précaire à Lausanne

"No Apologies", une immersion dans le quotidien d'hommes noirs à Lausanne
"No Apologies", une immersion dans le quotidien d'hommes noirs à Lausanne L'actu en vidéo / 2 min. / le 09 octobre 2019
Sorti en salles mercredi, le film "No Apologies" propose aux spectateurs une immersion dans la vie de migrants africains en situation précaire à Lausanne. Des témoignages présentés un an après les polémiques sur le deal de rue dans la capitale vaudoise.

"Ils disent que tous les Africains sont des dealers, sauf Obama et Mandela", raconte un homme noir masqué, témoignant anonymement dans un lieu autogéré de Lausanne. Un témoignage de migrant parmi d'autres, rassemblés dans le documentaire "No Apologies". Un témoignage d'homme qui se sent stigmatisé par la police et une partie de la population.

"J'ai toujours eu envie de réaliser un film qui n'incite pas à la pitié envers les Noirs, mais dans lequel je peux parler de ma vie et de comment je surmonte les difficultés au quotidien", explique au 19h30 Ebuka Anokwa, co-réalisateur et protagoniste de "No Apologies". "Pour une fois, les personnes concernées racontent leur propre histoire, et ça c'est quelque chose de vraiment rare", ajoute Lionel Rupp, qui a également contribué à l'écriture et la réalisation du documentaire. "Même avec ce type de sujets, c'est souvent un Blanc qui va donner son point de vue."

Réalisé au sein d'un collectif et sans subvention fédérale, le film s'intitule "No Apologies" car les protagonistes estiment qu'ils n'ont pas à s'excuser d'être Noirs, d'être des migrants ou d'être d'origine africaine. Ils veulent simplement revendiquer leurs identités et dénoncer le racisme dont ils sont victimes.

>> Ecouter aussi l'interview des co-réalisateurs dans Forum:

L'affiche du documentaire ''No Apologies'', sur le vécu des hommes noirs précaires à Lausanne.
Jorge Stamatio - zooscope.ch
Forum - Publié le 08 septembre 2019

Un projet né après le décès de Mike

Parmi les éléments qui ont influencé la naissance du projet figure la mort de Mike, un Nigérian décédé après un contrôle policier à Lausanne en mars 2018. Lors de ce contrôle contre le deal de rue, l'homme aurait résisté aux policiers. En refusant d'obtempérer, il aurait finalement été maîtrisé par plusieurs agents. Une fois immobilisé, il a fait un malaise. Conduit à l'hôpital, il y est décédé le lendemain.

>> LireL'autopsie de l'homme mort lors d'un contrôle à Lausanne exclut l'overdose

"Nous ne pouvions pas restés assis et attendre que quelqu'un d'autre meurt", raconte Aladin Dampha, aussi co-réalisateur. "Nous nous devions d'agir envers la société, expliquer ce qui se passe et essayer d'arrêter cela."

Tourné en une semaine, le film sort mercredi dans les salles. Avec l'espoir pour ses créateurs de se faire connaître des Romands qu'ils côtoient au quotidien.

mm/tmun

Publié le 09 octobre 2019 à 22:52