Publié le 23 septembre 2019 à 10:26

Sacha Baron Cohen crève l'écran en espion du Mossad dans "The Spy"

La chronique culturelle (vidéo) – Sacha Baron Cohen incarne un espion du Mossad dans la nouvelle série SPY
La chronique culturelle (vidéo) – Sacha Baron Cohen incarne un espion du Mossad dans la nouvelle série SPY La Matinale / 3 min. / le 20 septembre 2019
Nouvelle série Netflix, "The Spy" revient sur l'histoire vraie de l'espion israélien Eli Cohen, infiltré dans les plus hautes sphères du pouvoir syrien dans les années 1960. L'acteur anglais Sacha Baron Cohen est d'une crédibilité inouïe.

Le 18 mai 1965, le nom d'Eli Cohen fait le tour du monde. Malgré l’intervention de nombreux chefs d’Etat, de la France au Canada en passant par le pape, l’homme est pendu sur une place publique de Damas.

Durant trois ans, cet électronicien a troqué son accent de juif égyptien pour celui d’un Syrien patriote, Kamel Thaabet. Sous cette identité de riche homme d’affaires, il a transféré des informations militaires cruciales au Mossad en infiltrant le pouvoir syrien jusqu’à devenir un ami intime du président et même son conseiller en matière de défense et de sécurité. Quand il découvre que Kamel est Eli, le choc intime et la honte publique d’Amin al-Hafez, le président syrien, sont immenses. Et expliquent en grande partie l’exécution de Cohen.

>> A voir, la bande-annonce de la série "The Spy":

La fin est connue mais cela ne gâche rien

Sa fin dramatique est suggérée dès les premiers plans de la série. Mais même en connaissant la date exacte de la condamnation d’Eli Cohen, on engloutit les six épisodes de la série en craignant à chaque instant pour sa peau. Cent fois, avant d’arriver à 1965, on se dit: "cette fois ça y est, il va être découvert!"

La réussite de la série "The Spy" tient à sa réalisation sublime, malgré quelques afféteries qui ne gâchent pas l'ensemble. L’image varie du bleu gris au quasi noir et blanc avec une reconstitution des années 1960 impeccable. Le contexte historique est fascinant: on croise des Al Assad ou encore un petit Ossama qui joue entre les jambes de son papa Bin Laden, multimillionnaire patibulaire.

>> "The Spy" chroniqué dans "La loi des séries" sur Couleur 3:

La loi des séries - The Spy
La loi des séries - Publié le 11 septembre 2019

Une crédibilité inouïe

Et puis Sacha Baron Cohen crève l’écran. En Eli Cohen, il est d’une crédibilité inouïe. Si Israël a fait d’Eli Cohen un héros, l’acteur en fait un homme doué mais pas infaillible, qui n'a rien d’un 007 qui peut piquer des sprints sans refiler la moindre auréole aux aisselles de son costard anglais. Il tremble, il fait des erreurs, il est déchiré entre sa femme et le Mossad. Il est complexe. Et on se demande si c'est vraiment le patriotisme ou plutôt son ego qui l’incite à choisir toujours de redevenir Kamel le puissant plutôt que Elie le lambda. Et si le souci que certains agents du Mossad ressentent à son égard n’est pas qu’hypocrisie.

On est au coeur de la condition humaine, de ses mensonges et de ses vanités, autant que de l’Histoire et de la géopolitique. D’ailleurs sa femme Nadia, très présente dans la série, réclame encore aujourd’hui le retour de sa dépouille. Preuve que la fin de ce destin est encore loin d’être écrite et "divulgâchable".

Anne-Laure Gannac/mh

"The Spy", une série en 6 épisodes à voir sur Netflix.

Publié le 23 septembre 2019 à 10:26