Modifié le 08 août 2019 à 23:36

Les pistes d'Alain Berset pour soutenir et promouvoir le cinéma suisse

Cinéma suisse: Berne mise sur les coproductions internationales
Cinéma suisse: Berne mise sur les coproductions internationales Forum / 8 min. / le 08 août 2019
Le cinéma suisse doit miser sur les coproductions internationales pour faciliter sa distribution et sa visibilité à l'étranger. Le ministre de la culture Alain Berset les a défendues jeudi au festival de Locarno.

"C'est très important, c'est aussi une longue tradition de notre cinéma", a expliqué Alain Berset dans l'émission Forum. "Ces co-productions permettent de chercher du financement ailleurs, de travailler avec d'autres équipes, c'est un vrai enrichissement pour la culture dans notre pays qui a toujours été très ouverte, comme le pays d'ailleurs."

Volonté de réintégrer le programme MEDIA de l'UE

Et pour stimuler les coproductions internationales, que l'Office fédéral de la culture encourage officiellement, le conseiller fédéral souhaite en priorité relancer l'accord sur le programme MEDIA de l'Union européenne dont la Suisse a été privée après la votation de février 2014. "L'UE a fermé la porte et nous souhaitons maintenant pouvoir réintégrer ce programme dès 2021", souligne le chef du Département de l'intérieur.

En attendant, la Suisse n'est pas restée les bras croisés, relève Alain Berset, présent jeudi au Festival du film de Locarno. "On a beaucoup travaillé sur deux axes. Le premier est de soutenir notre branche du cinéma pour qu'elle puisse continuer à se développer, à s'exporter. Et le deuxième a été de travailler de manière bilatérale avec d'autres pays à des accords de coproduction."

>> Notre page spéciale consacrée au Festival de Locarno: A Locarno, sur les traces de... Lili Hinstin

Cap sur la transformation numérique

Le message culture 2021-2024, actuellement en consultation, met par ailleurs l'accent sur la transformation numérique. "C'est une évidence, on ne regarde plus aujourd'hui des images, des contenus, des films, de la même manière qu'il y a 25 ou 30 ans et nous devons évoluer", explique le Fribourgeois. Pour y parvenir, il s'agit pour lui d'assurer un accès optimal à la production actuelle en garantissant que cette production permette de refléter la diversité de notre pays. "C'est très important pour moi que l'identité suisse reste très forte dans le cinéma suisse. Et cela, il faut le défendre."

Taxe de 4% sur les recettes des fournisseurs en ligne

Et pour encourager la production cinématographique suisse, les fournisseurs de films en ligne seront soumis à l'obligation d'investir dans le cinéma helvétique 4% de leurs recettes générées en Suisse. L'Office fédéral de la culture a confirmé devant la presse ce chiffre annoncé en mai dernier.

>> Les précisions du 19h30:

Alain Berset veut pousser Netflix ou Amazon à financer la production cinématographique helvétique.
19h30 - Publié le 08 août 2019

>> Lire: Les plateformes de streaming devront investir dans le cinéma suisse

"Ce chiffre peut paraître modeste, mais il faut imaginer qu'aujourd'hui cela n'existe pas", fait remarquer Alain Berset. "Notre estimation assez prudente montre que ces 4% représenteraient environ 6,5 millions de francs par année. Ce serait donc une augmentation du soutien à la production indigène d'environ 10%, ce qui nous paraissait être un premier pas intéressant pour tester la mesure et mener la discussion."

>> Obliger les plateformes de streaming à investir dans la production: écouter l'interview de la cheffe de l'Office fédéral de la culture Isabelle Chassot dans le 12h30:

Isabelle Chassot, directrice de l'Office fédéral de la culture.
Davide Agosta - Ti-Press/Keystone
Le 12h30 - Publié le 08 août 2019

Quotas de films suisses demandés par la branche

Une autre solution - souhaitée par des producteurs et réalisateurs suisses - serait d'imposer aux diffuseurs (salles de cinéma, chaînes de télévision et plateformes en ligne) un quota de 20% de films suisses. "Il y a des revendications diverses et variées, mais ce n'est pas encore très clair à mon sens", note le ministre de la Culture. "Si on parle de 20%, est-ce 20% des titres, des minutes diffusées, du nombre de films? C'est une réflexion intéressante, mais je crois qu'il est important dans un premier temps que la branche puisse nous dire comment elle entend le réaliser pour qu'ensuite on puisse mener la discussion."

Propos recueillis par Mehmet Gultas/oang

Publié le 08 août 2019 à 18:35 - Modifié le 08 août 2019 à 23:36