Publié le 30 janvier 2019 à 14:32

"Les Estivants", l'autobiographie imaginaire de Valeria Bruni Tedeschi

L'affiche du film "Les estivants".
Cinéma: "Les estivants" de Valeria Bruni-Tedeschi Vertigo / 5 min. / le 29 janvier 2019
Dans "Les Estivants", comédie cruelle et mélancolique dans une sublime maison de la Côte d'Azur, la réalisatrice se met en scène aux côtés de sa mère, Marisa Borini, et de sa fille adoptive, Oumy. Sortie le 30 janvier.

Après "Il est plus facile pour un chameau", où elle interrogeait la richesse de sa famille bourgeoise, puis "Un château en Italie", qui relatait la mort de son propre frère, Valeria Bruni Tedeschi continue de travailler le matériau autobiographie. Mais elle le fait sous les auspices de Maxime Gorki et de sa pièce "Les Estivants", dont elle reprend le titre, le thème (l'aristocratie russe en villégiature dans leur datcha) et le dispositif théâtral puisque les personnages entrent et sortent du champ sans être forcément suivis par la caméra.

Un ballet social

Le film met en scène une vingtaine de personnages dans une grande villa de la Côte d'Azur. Il y a les nantis, et ceux qui travaillent à leur service; ils s'observent sans se mélanger. Ensemble, ils forment un ballet social, où chaque personnage joue sa partition. "Je voulais parler de tout le monde, des différentes classes sociales. Les gens qui travaillent ne commentent pas seulement la vie de leurs patrons, ils vivent eux aussi des choses", précise la réalisatrice.

>> A regarder, la bande annonce des "Estivants":

 

Au centre de ce phalanstère estival, Anna (Valeria Bruni Tedeschi), réalisatrice franco-italienne, qui tente de surmonter une récente rupture en écrivant un film sur la disparition de son frère, décédé du sida. C'est exactement le motif du deuxième long-métrage pour le cinéma de Valeria, "Un Château en Italie". "L'esprit est moins celui de la suite que de l'écho; les films se répondent sans se suivre", explique au micro de la RTS Valeria Bruni Tedeschi, qui ne s'est pas donné le plus beau rôle.

Pour ce qu'elle appelle son "autobiographie imaginaire", la réalisatrice a mélangé des acteurs professionnels (Pierre Arditi, Valeria Golino, Yolande Moreau et Noémie Lvosky) avec des membres de sa famille, sa mère Marisa Borini, fidèle au rendez-vous, et sa fille originaire du Sénégal, Oumy Bruni Garrel.

Oumy, ma fille adoptive, a un regard de spectatrice. Comme le choeur grec, elle commente sans juger, un peu en dehors de l'action, prête à prendre le relais.

Valeria Bruni-Tedeschi, actrice et réalisatrice.

Un relais que certains estivants voient d'un oeil mauvais: "Quand je pense que c'est elle qui va hériter de tout ça!"

En revanche, Louis Garrel, dont elle est séparée, ne figure pas à l'affiche des "Estivants". Pourquoi? "Il a fait deux films avec moi, mais n'avait pas envie de celui-là, de ce mélange entre réalité et fiction. Mais peut-être fera-t-il le prochain?", dit la cinéaste. Pour le remplacer, elle a choisi le bel italien Riccardo Scamarcio.

Propos recueillis par Rafael Wolf

Adaptation web; Marie-Claude Martin

Publié le 30 janvier 2019 à 14:32