Modifié le 28 mars 2019 à 14:35

"Le réformateur" de Stefan Haupt casse l'image d'un Zwingli austère

L'acteur helvético-autrichien Max Simonischek incarne Zwingli dans le film de Stefan Haupt.
Cinéma: Stefan Haupt célèbre Ulrich Zwingli Vertigo / 6 min. / le 26 mars 2019
Réalisé par Stefan Haupt, "Le réformateur" revient sur la vie du père fondateur de la réforme, Ulrich Zwingli, au moment où il s'installe à Zurich, au début du 16e siècle. Le film est à voir actuellement sur les écrans romands.

Sorti Outre-Sarine en janvier, "Zwingli", le film de Stefan Haupt sur le père fondateur de la Réforme en Suisse a fait un carton avec déjà plus de 200'000 entrées. Avec un budget de plus de 6 millions de francs, cette grosse production helvétique retrace les premiers pas de la Réforme à Zurich au XVIème siècle et se penche sur les moments-clés de la vie d’Ulrich Zwingli (Max Simonischek).

Dans la Zurich de l'époque, reconstituée avec l'appui d'images de synthèse, l'arrivée du jeune prêtre va semer le trouble dans la ville. N'hésitant pas dans ses sermons à critiquer les abus de l'Eglise ou à réclamer le mariage des prêtres, le futur réformateur tombe amoureux d'Anna Reinhart (Sarah Sophia Meyer) une jeune veuve, mère de trois enfants, qui le soigne alors qu'il est malade de la peste.

>> A voir la bande annonce du film:

L'homme derrière le personnage historique

Avec ce drame historique ambitieux, le réalisateur bouscule les lieux communs attachés au personnage et en révèle toute l'humanité. Pour Charles Martig, directeur du Centre catholique des médias à Zurich, ce long métrage casse les clichés historiques du réformateur et met l’accent sur la vie privée de Zwingli.

C’est un homme ouvert sur l'amour, il va épouser Anna Reinhart, il va avoir des enfants, il joue différents instruments. Une image différente du réformateur.

Charles Martig, directeur du Centre catholique des médias

Un précurseur provocateur

Denis Müller, théologien et professeur honoraire à l’Université de Genève souligne que Zwingli est un personnage très populaire à Zurich, alors qu’il est très peu connu en Suisse romande.

>> A écouter aussi:

Ulrich Zwingli
© Musée national suisse/DR
RTSreligion - Publié le 04 janvier 2019

"On a tendance à oublier que c’est la réforme zwinglienne qui a été à l’origine de l’Eglise vaudoise, dans le canton de Vaud et non pas Calvin. Même si Zwingli était austère - il a notamment banni les prostituées de Zurich -  c'était un bon vivant. C’était un provocateur: il aimait bien manger du saucisson pendant le carême et provoquer les catholiques", explique-t-il à la RTS.

Interrogé par la RTS, le réalisateur Stefan Haupt explique le choix d'un film sur Zwingli ainsi: "Très souvent, on prend pour acquis les libertés que nous avons aujourd'hui. C'est important de se rendre compte que ce n'est pas du tout quelque chose de normal. J'ai toujours été intéressé par les gens qui ont lutté pour élargir notre façon de penser et de vivre."

>> A écouter: Zwingli, un "gilet jaune" en robe noire dans Hautes fréquences

Le film "Le Réformateur", qui sort sur les écrans romands le 27 mars 2019, casse l'image de Zwingli.
- Ascot Elite Entertainment
Hautes fréquences - Publié le 23 janvier 2019
 

Le film "Zwingli" réussira-t-il à séduire les Romands autant que les Alémaniques? Réponse dès aujourd'hui dans les salles.

Sujets radio: Rafael Wolf et Aleksandra Planinic

Adaptation web: Manon Pulver/aq

Publié le 27 mars 2019 à 14:03 - Modifié le 28 mars 2019 à 14:35

2019, année Zwingli

Il y a 500 ans, le 1er janvier 1519 Ulrich Zwingli devient le curé du Grossmünster, la cathédrale de Zurich. On est avant la Réforme protestante en Suisse mais sa nomination à Zurich va être le détonateur de ce bouleversement religieux dans notre pays.

Il est né dans le Toggenburg en Suisse orientale. Il étudie la théologie et devient prêtre catholique. Dans ce XVIème siècle agité, il est d'abord curé à Glaris, aumônier militaire à Marignan en 1515 puis chapelain de l'abbaye d'Einsiedeln avant d'arriver à Zurich. Il se distingue alors par ses prédications, son attachement à la Bible et son allergie aux injustices. Il défend ardemment ses idées dans un milieu réformateur qui cherche encore ses marques. Il connaîtra aussi une mort tragique lors de la deuxième guerre de Kappel en 1531 en se battant contre les cantons catholiques.

A côté de Calvin, il est le grand nom de la Réforme en Suisse. Il introduira le protestantisme à Zurich en 1525, onze ans avant les Genevois et les Vaudois.