Modifié le 04 janvier 2019 à 17:34

En matière de cinéma, la Suisse est coupée en trois

Une image du film "Wolkenbruch" de Michael Steiner.
Les succès au box-office suisse diffèrent selon les régions linguistiques La Matinale / 2 min. / le 04 janvier 2019
Sur les dix films ayant fait le plus d'entrées en Suisse en 2018, neuf ont été produits à Hollywood. Mais pour le dixième long-métrage restant, tout dépend de la région linguistique à laquelle on appartient.

Quels sont les films qui ont fait le plus d'entrées en Suisse en 2018? Sans surprise, neuf films sur dix sont américains. Et pour celui restant, tout dépend de la région linguistique: en Suisse alémanique, c'est un film que les Romands découvriront en mars 2019 qui a cartonné l'an dernier. "Le voyage merveilleux de Wolkenbruch" du Suisse Michael Steiner ("Je m'appelle Eugen", "Grounding"). Il raconte l'histoire d'un jeune juif orthodoxe qui a toujours obéi à sa mère jusqu'à ce qu'elle décide de le marier.

>> Voir la bande-annonce du film "Wolkenbruch" de Michael Steiner (en allemand):

En 2018, "Wolkenbruch" a dépassé tous les gros succès américains outre-Sarine. Réussira-t-il à séduire les autres régions de Suisse? Pas sûr.

"On peut dire que la Suisse forme trois pays en un", explique Edna Epelbaum, présidente de l’association professionnelle des exploitants (ACS). "On voit cela aussi avec les films suisses. Il y a rarement un film suisse qui marche vraiment partout. L'an dernier, on a eu la chance d'avoir "L'ordre divin" de Petra Volpe qui a aussi bien fonctionné en Suisse romande. Mais avec des différences énormes entre la Romandie et la Suisse alémanique."

Frontières linguistiques

En 2018, un seul film en français a passé de l'autre côté de la Sarine, "La ch'tite famille" de et avec Dany Boon, seul succès non américain en Suisse romande présent dans le top dix. Quant au film tessinois "Frontalier Disaster", qui arrive deuxième au Tessin, il a à peine dépassé les 2000 entrées dans les deux autres régions linguistiques. Mais il faut préciser que le film n'est pas doublé, ce qui constitue toujours un handicap.

Alors, manque de curiosité des Suisses ou différence de mentalités? Edna Epelbaum reste optimiste et préfère évoquer le "défi" que constituent les différentes régions linguistiques suisses pour diversifier les films du box-office.

Un chiffre met toutefois toutes les régions de Suisse d'accord. Il s'agit de la baisse de fréquentation des cinémas, qui s'est poursuivie en 2018.

Sylvie Lambelet/mh

Publié le 04 janvier 2019 à 16:20 - Modifié le 04 janvier 2019 à 17:34