Modifié le 26 octobre 2017 à 14:43

Une expo fait parler des hologrammes de survivants de la Shoah

Le Musée de l'Holocauste et centre d'éducation de l'Illinois, à Skokie, en banlieue de Chicago.
Un musée américain propose des hologrammes pour parler avec des survivants de l'Holocauste Forum / 3 min. / le 24 octobre 2017
Le musée de l'Holocauste de l'Illinois a collecté les images et biographies de treize survivants pour en faire des hologrammes interactifs. Nommé "Take a Stand", le centre qui leur sera dédié ouvre ses portes le 29 octobre.

Le musée de l'Holocauste de l'Illinois a planché trois ans sur le projet "Take a Stand", qui a abouti à une première mondiale: converser avec les survivants de la Shoah, via la technologie de l'hologramme.

Comment ça marche

Les survivants de l'Holocauste se sont rendus dans un studio spécial équipé de 110 caméras 3D. Ils ont été filmés pendant des heures. Environ 2000 questions leurs ont été posées sur leur expérience. Leurs réponses constituent la base de l'élaboration de ces hologrammes qui seront visibles en trois dimensions.

Sons et images

Les concepteurs s'appuient sur des algorithmes permettant d'identifier les termes principaux d'une question posée par un visiteur et de faire correspondre la réponse en fonction des propos pré-enregistrés, en son et en image. Des écoliers ont déjà pu tester le système et l'interaction fonctionne parfaitement. Par exemple, un hologramme se présente et une jeune fille lui demande s'il se souvient d'une comptine de sa jeunesse, et le survivant répond en chanson.

Les hologrammes dans l'art

Les hologrammes sont aussi utilisés pour parler de l'histoire présente. Le travail "Hologrammes de Syrie" de l'artiste Asad Malik transpose ainsi la brutalité du conflit syrien au sein de la vie quotidienne des Américains. Le résultat est impressionant.

On se souvient, par exemple, du jeune Aylan Kurdi, cet enfant kurde retrouvé mort noyé sur une plage turque, et dont l'image avait ému la planète. Et bien, dans l'une de ses installations sur un campus universitaire américain, l'artiste a mis en scène l'hologramme du petit Aylan, couché sur le sofa d'un hall d'entrée.

Image de l'installation "Holograms from Syria" d'Asad Malik.
Image de l'installation "Holograms from Syria" d'Asad Malik. [Asad Malik - DR]

Ailleurs sur le campus, il provoque la stupeur avec un combattant, fusil au bras, qui descend les escaliers des salles de classe.

En ce sens, les hologrammes nous donnent un effrayant sentiment de proximité, comme si les frontières géographiques et temporelles étaient supprimées.

Katja Schaer/mg

Publié le 26 octobre 2017 à 11:50 - Modifié le 26 octobre 2017 à 14:43