Modifié le 11 février 2017 à 12:56

La Suisse vue par cinq photographes, une expo entre clichés et regard neuf

La photographe mexicaine Alinka Echeverria, exposée à Winterthour, propose une approche anthropologique de la jeunesse suisse, ici à Genève en 2016.
Une exposition où la Suisse est vue par des photographes étrangers Le 12h30 / 2 min. / le 11 février 2017
La photographie a construit l'image de la Suisse, lui accolant une image de carte postale à laquelle il est difficile d'échapper. C'est toutefois ce qu'ont essayé de faire cinq photographes exposés à Winterthour dès samedi.

Alors qu'avec l'exposition "Sans limite. Photographies de montagne" (à voir jusqu'au 30 avril), le musée de l'Elysée de Lausanne démontre à quel point la photographie a inventé le paysage de montagne en le révélant aux yeux du monde, la Fondation pour la photographie, à Winterthour, fait le cheminement inverse.

Sa nouvelle affiche "Etrangement familier: Regards sur la Suisse" cherche en effet à dépasser les clichés en les interrogeant à travers le regard d'artistes étrangers.

>> Voir le sujet du 19h30 sur l'exposition lausannoise:

VD: le musée de l'Élysée à Lausanne consacre une exposition à la montagne
19h30 - Publié le 10 février 2017

Des jeunes, le Rhin et... le Cervin!

Avec le soutien de Suisse Tourisme et la collaboration de l'Elysée, l'établissement alémanique a demandé à cinq photographes étrangers de pointer leur objectif sur la Suisse et de questionner son image, une façon de dépasser les représentations habituelles (lire encadré).

Dans un tel exercice, "le plus grand défi a été d'éviter les sujets de carte postale", confie le Chinois Zhang Xiao qui s'est amusé à suivre le Rhin dans le but d'immortaliser l'insolite, ici un monolithe de béton, là du gravat orange.

On ne connaît rien sur la jeunesse helvétique

Alinka Echeverria, photographe

"Je me suis rendu compte qu'on ne savait pas grand chose de la jeunesse helvétique car les images touristiques du pays prennent une place immense", note quant à elle la Mexicaine Alinka Echeverria qui dresse le portrait d'une centaine de jeunes Suisses.

L'Allemande Eva Leitolf propose pour sa part une réflexion sur les frontières du pays alors que l'Américain Shane Lavalette retourne dans douze villages photographiés en 1939 par le Suisse Theo Frey, histoire de montrer le temps qui passe.

Seul l'Anglais Simon Roberts présente un regard plus proche des images touristiques classiques, en photographiant le Cervin, le Léman ou l'Oberland. Mais dans ces clichés, à la façon d'un Martin Parr, c'est plus les touristes qu'il observe que les décors mythiques qui les entourent.

Juliette Galeazzi avec agences

Publié le 11 février 2017 à 12:02 - Modifié le 11 février 2017 à 12:56

"La Suisse, ce n'est pas juste montagnes, vaches et chocolat"

Alors qu'elle a contribué à construire l'image de la Suisse en recourant à de nombreux clichés, la promotion touristique suisse propose pour son 100e anniversaire un véritable exercice de déconstruction de toute une mythologie nationale.

"La Suisse ce n'est pas juste montagnes, vaches, chocolat et fromage", a déclaré vendredi devant les médias à Winterthour Tiziano Pelli, de Suisse Tourisme. "La culture devient un attrait toujours plus important pour les touristes".

C'est dans cet objectif que Suisse Tourisme a choisi d'organiser cette exposition avec la Fondation suisse pour la photographie à Winterthour (du 10 février au 7 mai) et le musée de l'Elysée (25 octobre au 7 janvier).