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Le Centre de création helvétique des arts de la rue s'établit à La Chaux-de-Fonds

Spectacle de la compagnie "Le théâtre des monstres" lors de l'édition 2017 de La plage des six pompes. [Valentin Flauraud - Keystone]
Forum des Idées - Le Centre de Création Helvétique des Arts de la Rue est né / Forum / 5 min. / le 5 juillet 2022
Créé et inauguré à La Chaux-de-Fonds, le nouveau pôle de compétences veut mieux valoriser et accompagner les artistes suisses et la création en espaces publics, au niveau national et international. Il propose, entre autres, résidences, formations et conseils.

Retenu dans le cadre des accords de positionnement stratégique du canton de Neuchâtel, le Centre de création helvétique des arts de la rue (CCHAR) a été inauguré le mois dernier. Il devrait bénéficier aux compagnies suisses, que l'on estime au nombre d'une centaine dans l'ensemble du pays.

"Cette nouvelle structure répond à un grand besoin, estime sa coordinatrice Jennifer Moser Wesse, invitée dans l'émission Forum. Les arts de la rue n'ont une reconnaissance au niveau de la structure culturelle suisse que depuis janvier 2021. Cela fait donc très peu de temps qu'ils peuvent entrer dans des systèmes de subventionnement et d'accompagnement."

Concrètement, le CCHAR propose trois axes d'accompagnement: l'accompagnement à la diffusion (établir des liens avec des structures d'accueil, les communes et les villes); l'aide à la création (accompagner les compagnies en devenir qui sont en recherche de lieux pour répéter ou de mentors); et, enfin, l'aide à la formation (comment utiliser le quotidien et les sons de la ville pour l'art de rue, comment aller à la rencontre d'une population, etc.).

Optimiser le réseau

Développer le réseau constitue également une mission du CCHAR, qui approche et tisse des liens avec divers responsables culturels de Suisse romande. C'est déjà chose faite à La Chaux-de-Fonds, et c'est en cours avec les villes de Neuchâtel et de Bienne ou encore de Plan-les-Ouates et Meyrin dans le canton de Genève. "Petit à petit, ça se développe, explique Jennifer Moser Wesse. L'envie, c'est aussi d'amener cette culture là où il y en a moins, de sortir des grands réseaux, puisque souvent les arts de rue se développent dans ce qu'on appelle les réseaux périphériques, les plus petites villes et villages."

En matière de public, le CCHAR s'adresse autant à des artistes confirmés qu'à des débutants. "Certains font ce métier depuis plus de vingt ans, mais ont très peu de reconnaissance, déplore Jennifer Moser Wesse. Pouvoir apposer le label CCHAR à des demandes de subvention, avoir un pied-à-terre pour s'isoler et écrire – c'est aussi important quand on a du bagage que quand on n'en a pas."

Effet positif de la pandémie

Contrairement aux arts de la scène et aux festivals qui ont pâti de la pandémie, les arts de la rue ont plutôt bénéficié du Covid. "La pandémie a tout d'un coup mis en valeur une de nos spécificités qui est de jouer à l'air libre, et la maîtrise qu'en ont les artistes: ça a permis à beaucoup de compagnies de beaucoup tourner pendant des périodes plus compliquées pour les salles", a déclaré la coordinatrice du CCHAR.

Propos recueillis par Thibaut Schaller

Adaptation web: Charlotte Frossard

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