Publié

Au MCBA, le corps dans tous ses états de Kiki Smith

Vue des salles / Kiki Smith. Hearing You with My Eyes. [MCBA / Kiki Smith / Étienne Malapert]
Kiki Smith expose ses représentations figuratives du corps au Musée Cantonal des Beaux-Arts à Lausanne / Le 12h30 / 2 min. / le 12 octobre 2020
Dans son enfance, elle a côtoyé quelques monstres sacrés de l’art du 20 siècle, comme Jackson Pollock ou Barnett Newman. L’artiste américaine Kiki Smith, qui a dédié son travail au corps humain, dévoile un univers assez cru à Lausanne.

Etirés sur les murs du Musée Cantonal des Beaux-Arts, on peut voir par exemple les 9 mètres de notre intestin grêle reproduits en bronze.

Kiki Smith dans son studio, État de New York, août 2019. [Nina Subin]Kiki Smith dans son studio, État de New York, août 2019. [Nina Subin]Dans cette exposition qui retrace 40 ans de sa création, le corps féminin et le papier sont omniprésents.

Inspirée par le corps anatomique

Fille d'artiste, Kiki Smith doit se confronter à l'héritage paternel avant de tracer sa propre voie, celle d'une femme. Elle s'inspire d'abord du corps anatomique, et crée des yeux, des langues, des têtes, des seins et des vulves.

"Pour moi, ça a vraiment commencé en regardant des livres d'anatomie. Je pouvais voir ma vie dans ces images de l'intérieur du corps", raconte Kiki Smith.

Kiki Smith Untitled, 1992 Graphite sur méthylcellulose et papier népalais teint à la main, 160 x 47 x 138 cm, D.Daskalopoulos Collection. [Courtesy Pace Gallery]Kiki Smith Untitled, 1992 Graphite sur méthylcellulose et papier népalais teint à la main, 160 x 47 x 138 cm, D.Daskalopoulos Collection. [Courtesy Pace Gallery]Ensuite arrivent  des corps entiers. Il y a ces fragiles silhouettes en papier pendues au plafond. Ou cette figure en papier mâché au ventre fendu, d’où surgissent les organes, sous forme de grandes bandes de papier coloré.

Le papier domine

Kiki Smith travaille toutes sortes de matériaux et de techniques. Cela va des dessins, gravures, photos, aux sculptures ou tapisseries. Mais c'est le papier qui domine, notamment un très beau papier fin népalais

"Elle aime le papier, parce qu'il a des qualités très propres, comme d'être à la fois fragile et robuste, et parce qu'il peut être facilement marqué. Le papier porte des traces qui sont pour elle similaires à la peau", analyse Laurence Schmidlin, commissaire de l'exposition.

Assez tourmentée dans la première partie de l'exposition, l'oeuvre de Kiki Smith s'assagit dans la seconde. Plus sereine, l'artiste devient fleur bleue, et même un peu kitsch dans son amour des animaux et de la nature.

Sylvie Lambelet/vkiss

Kiki Smith, Hearing with my eyes - ("T'entendre avec mes yeux) - au MCBA jusqu'au 10 janvier

Publié