Modifié le 09 septembre 2019 à 16:39

Et si nos meilleurs selfies étaient ceux où l'on porte un masque?

"Selfie" d'Aneta Grzeszykowska (2014). Un des 160 masques exposés au Kunstmuseum d'Aarau.
Le Kunsthaus d'Aarau met à l'honneur le masque dans l'art contemporain Le 12h30 / 2 min. / le 09 septembre 2019
Objet culte dont l'origine se perd dans la nuit des temps, les masques sont aussi un thème de prédilection dans l'art. C'est ce que montrent les 160 oeuvres contemporaines exposées au Kunsthaus d'Aarau.

Quand on dit "masque" on pense Carnaval, Venise, masques tribaux. On pense aussi Zorro, superhéros, rites mortuaires et théâtre, bien sûr. Loin de brosser le portrait historique ou ethnologique des loups et autres cagoules, le Kunsthaus d'Aarau s'intéresse à la dimension sociale, politique et culturelle de nos diverses identités.

>> A voir: Présentation de l'exposition "Masque" au Kunsthaus d'Aargau

Il s'agit moins de se cacher derrière un masque que de le porter consciemment pour adopter différentes identités, en fonction des situations. "Dans le monde d'aujourd'hui, on part du principe que ce jeu de rôle est nécessaire et qu'on s'y plie très naturellement. Cela va des filtres sur Instagram aux profils qu'on se construit pour se présenter à un travail ou sur une plateforme de rencontres coquines" dit Yasmin Afschar, conservatrice du Kunsthaus d'Aarau.

L'histoire du portrait est celle du masque

Ainsi, loin de toute connotation morale, les artistes s'intéressent moins à ce qui se cache derrière le masque, son côté psychologique, qu'au masque lui-même. Très vite alors la question se pose face à un tableau: portrait ou pas portrait?

Toute représentation est un masque. Il n'y a aucune photo, aucun portrait peint pouvant reproduire un véritable visage vivant, avec ses mouvements, ses mimiques et son caractère. On peut même lire l'histoire du portrait dans l'art occidental, comme une histoire du masque.

Yasmin Afschar, conservatrice du Kunsthaus d'Aarau.

Rituel, jeu ou nécessité, la valse de nos différentes identités contemporaines s'accommode à merveille de la légèreté du masque. Pourtant beaucoup d'oeuvres distillent une ambiance menaçante. Le masque est un objet paradoxal: il montre parfois plus qu'il ne dissimule et façonne celui qui le porte jusqu'à l'identification.

Alain Croubalian/mcm

L'exposition Le MASQUE dans l'art d'aujourd'hui est à visiter jusqu'au 5 janvier au Kunsthaus d'Aarau.

Publié le 09 septembre 2019 à 16:35 - Modifié le 09 septembre 2019 à 16:39