Publié le 05 août 2019 à 15:55

La Bibliothèque cantonale de Fribourg se plonge dans l'art de la stéréoscopie

La Bibliothèque cantonale de Fribourg rend hommage à l'art de la stéréoscopie à travers une exposition sur les Diableries
La Bibliothèque cantonale de Fribourg rend hommage à l'art de la stéréoscopie à travers une exposition sur les Diableries 12h45 / 2 min. / le 05 août 2019
A la suite du Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF), la Bibliothèque cantonale et universitaire Fribourg (BCU) propose une exposition multimédia avec 50 dioramas et un diaporama en 3D tirés des Diableries de la collection du guitariste de Queen, Brian May.

Avant l'avènement du cinéma, la stéréoscopie, ces images que l'on peut observer en 3 dimensions grâce à des lunettes spéciales, a connu un grand succès.

"Visionnées à l’aide d’un stéréoscope, elles produisaient un effet similaire à la réalité augmentée. [...]. Elles ont influencé les premiers décors imaginaires des débuts du cinéma fantastique, mais leur signification profonde a disparu au fil des décennies", lit-on dans la présentation de l'exposition "Diableries, aventures stéréoscopiques en enfer".

Tombées dans l’oubli pendant près d’un siècle, les Diableries ont resurgi ces dernières années notamment grâce à l’icône du rock Brian May, guitariste de Queen et détenteur de dizaine de milliers de stéréoscopies. Le musicien en a même fait un film d’animation.

Univers étrange

Lorsqu’on glisse un œil pour la première fois dans un stéréoscope, on peut sentir un petit frisson de malaise, peut-être même un brin d’effroi. Les reproductions des Diableries, à l’univers étrange et foisonnant, sont impressionnantes.

A l’origine, il s'agit de photographies de sculptures de petites saynètes, destinées à être observées en trois dimensions grâce au stéréoscope. Créées en plein milieu du XIXème siècle, elles rencontrent alors immense succès.

Le diable, un personnage si fascinant

"Le diable est devenu un personnage particulier qui fait l'objet de fascination de la part du public et n'est plus un personnage effrayant", explique à la RTS Philippe Dallais, commissaire de l'exposition et anthropologue. "Satan est devenu un personnage très populaire comme personnage satirique dans de nombreuses pièces et dans la littérature".

Tout l’esprit satirique à la française est condensé dans ces squelettes narquois, ces diables un peu bouffons. Tout y passe, et surtout le souverain Napoléon III, moqué pour son train de vie luxueux ainsi que ses maîtresses.

Combattre la censure

L’une des Diableries les plus célèbres, "Satan journaliste", s’attaque à la censure et aux médias inféodés au pouvoir. La scène se déroule dans la salle de rédaction d’un quotidien dont Satan est le rédacteur en chef. Cette composition, complexe et riche en allusions réalisée par Louis Alfred Habert (1824-1893), est dominée par un Satan à deux visages, habillé en bouffon.

"Satan journaliste", Paris, env. 1873, stéréogramme original, une Diablerie à découvrir à Fribourg.
"Satan journaliste", Paris, env. 1873, stéréogramme original, une Diablerie à découvrir à Fribourg. [The London Stereoscopic Company, collection Brian May]

La partie droite de son corps révèle un faciès grimaçant et un fouet, la partie gauche un visage affable et souriant. La plume qu’il porte au côté nous rappelle que cette dernière est au journaliste ce que l’épée est au gentilhomme, une arme souvent redoutable. On remarque également une étrange créature dont les jambes en forme de ciseaux évoquent la censure et que la Vérité, bien qu’elle tienne toujours son miroir, est derrière des barreaux et loin d’être toute nue.

Sujet TV: Melchior Oberson/mh

"Diableries, aventures stéréoscopiques en enfer", Bibliothèque cantonale et universitaire Fribourg, jusqu'au 24 août.

Publié le 05 août 2019 à 15:55

Brian May, ce passionné de Diableries

Légendaire membre du groupe rock Queen, astrophysicien et grand collectionneur de photos stéréoscopiques, Brian May a réuni après des décennies de recherches la totalité des 182 Diableries créées en France entre 1860 et 1900.

Les Diableries sont des dioramas composés de figurines modelées en argile représentant le quotidien aux enfers.

Les saynètes étaient ensuite photographiées avec un appareil stéréoscopique et détruites.